Powered by TypePad

html

Nouvelles

Te souviens tu?

Aujourd'hui est une journée particulière, j'ai sortie la voiture du garage et j'ai passé l'après midi à la nettoyer, pour ce soir, ce soir est un soir si particulier pour nous n'est ce pas?
J'espère que tu ne mettras pas trop de temps à te préparer j'aimais beaucoup la robe que tu avais lors de notre première sortie avec cette nouvelle voiture, c'était il y a dix ans tout juste.
Te souviens-tu comme tu étais excitée? Tu ne cessais de courir dans tous les sens, nous venions d'apprendre que nous allions devenir parents, la plus belle des nouvelles le plus beau des moments.
Nous voulions fêter ça, nous venions de changer la voiture, alors nous avions décidés de nous rendre dans l'un de ces petits restaurants d'altitude que tu aimes tant.
D'ailleurs ce soir nous retournons dans le même si tu le veux bien, allez va vite te préparer et je t'attends en bas dans la voiture.
Tu es aussi resplendissante qu'il y a dix ans, c'est bien simple j'ai l'impression de te revoir comme tu étais ce soir là, je me souviens de tout, la robe légère que tu avais choisie, ton parfum fruité, ce maquillage léger comme tu sais si bien le faire.
Et quand je te regardais descendre les marches de l'étage mon cœur bondissait dans ma poitrine, tout comme ce soir même si le temps a passé.
La voiture a pas mal vieillie je le sais, mais je ne l'a sors du garage qu'à de rares moments dans l'année, ainsi nous avons chaque fois un peu l'impression qu'elle est restée la même, c'était notre première voiture, dans notre première maison, ou nous attendions notre premier enfant.
Prend place je t'en prie, tu as vu j'ai remis ma tenue de ce fameux soir, toi aussi tu m'aime tellement dedans n'est ce pas? Alors c'est bon tu n'as rien oublié?
La route est un peu longue, mais le jeu en vaut la chandelle, je me souviens il y a dix ans c'était la première fois que nous allions dans ce restaurant là.
Une petite heure de route mais quel cadre splendide, tiens regarde on voit les lumières de la station qui sont allumées, c’est la fin de la saison cette période où les vacanciers ne sont plus trop présents mais où la station est encore pleine de vie, avant de tomber dans une espèce de stase pour la période du printemps à venir.
Tiens regarde tu te souviens, il y a dix ans tu comptais les panneaux indiquant le restaurant, nous en sommes déjà au quatrième, te souviens tu combien il y en avait exactement ?
Oui une dizaine je crois avant d’arriver sur le parking, tiens regarde comme la neige qui font laisse apparaître la verdure et la nature qui reprend vie.
C’est étonnant comme la vie peut renaitre après l’hiver, étonnant comme la vie peut être si forte, et pourtant si précieuse et si fragile.
Regarde la place que nous occupions il y a dix ans, elle est libre, veux tu que je m’y gare ?
Alors si nous mangions en terrasse, nous avions beaucoup aimé la dernière fois, la table est réservée de toute façon, je comptais te faire la surprise.
Installe toi je t’en prie, j’ai pris la liberté de commander l’exact menu que nous avions partagés ensemble, je pensais que ça te plairais de revivre ce moment si particulier de notre vie. Tiens voilà les apéritifs, trinquons, à nous, à notre vie, à ses dix ans, et à ces souvenirs si intenses.
Quel cadre merveilleux et quel repas délicieux, exactement comme dans mon souvenir. Veux tu que nous marchions un peu dans la station, tu te souviens comme deux jeunes chiens fous, nous avions déambulés pendant de longues heures, regardant le ciel et les étoiles porteuses de tous nos désirs, de tous nos projets, c’était il y a dix ans je m’en souviens si bien.
Ne cours pas je t’en prie, je suis plus vieux de dix ans maintenant, je ne pourrais plus faire le fou aussi longtemps qu’à l’époque, finalement on voudrait que rien ne change, mais tout a changé.
Te souviens-tu il y a dix ans? Le jour où tu m'as laissé, quand ton cœur à cessé de battre pour l'éternité, moi je t'aimais et t'aimerais à tout jamais...

Venez réagir sur le forum

La malédiction de Nishram - Episode 19

Sommeil troublé

Depuis qu’il contrôlait le doyen la vie d’Aristin Sercator avait beaucoup changée.
Ce poste au conseil était déjà une nouvelle charge mais aussi une nouvelle manière de pouvoir orienter les discussions pour faire changer la communauté. Il avait aussi pu accéder aux ingrédients les plus secrets et les plus précieux et ce sans qu’aucun contrôle ne vienne lui gâcher son plaisir. Quasiment prêt pour la suite de ses plans il devait maintenant trouver comment faire accepter au conseil le vote de ce soir. Depuis qu’il avait découvert dans l’ouvrage trouvé dans les ruines d’ARK-SOL qu’il en existait d’autres et qu’il avait le mode opératoire pour réussir cette délicate opération, il n’avait plus qu’une idée en tête, réunir tous les ouvrages bien qu’il en ignorait le nombre exact.
Il ne connaissait pas non plus leurs emplacements, mais vu les sorts et les enchantements que contenait celui qu’il avait entre les mains il ne pouvait imaginer qu’une chose, que les autres soient au moins aussi puissants.
Le seul point d’ombre concernant cette histoire venait du sort qu’il voulait lancer, puisqu’il ne comprenait pas pourquoi un grimoire pouvait contenir un sort permettant de détecter d’autres grimoires faisant parti d’une série complémentaire.
Il venait de faire déposer au Doyen quelques ingrédients nécessaires dans un endroit accessible uniquement à eux deux. Lorsque le Doyen fut rentré dans ses appartements Aristin partit les récupérer de manière à pouvoir finir de préparer tout le nécessaire au rituel au cas où le conseil accepterait de l’aider à lancer le sort adéquat. La journée était belle et le soleil du printemps réchauffait les fleurs et les arbres, qui laissaient échapper les effluves de leurs mille parfums envoutants. Aristin était d’humeur joyeuse, il s’était reposé plusieurs jours pour réunir suffisamment de magie afin de finir de préparer les rituels et pour être fin prêt pour le conseil de ce soir. La seule chose qui pouvait gâcher sa bonne humeur concernait le seigneur Saularez, il allait surement encore lui être opposé comme chaque fois ou presque au conseil, mais lors des derniers votes son poids avait fondu comme neige au soleil à mesure que les autres membres se joignaient aux votes de plus en plus orientés du Doyen.
Ne voyant pas de raison de s’en faire, Aristin arriva au lieu de dépôt et récupéra les différents ingrédients déposés plus tôt dans la journée par le Doyen, puis il retourna dans sa maison se pencher sur quelques mixtures et quelques enchantements à finir.

Uliel Saularez était un mage expérimenté qui vivait dans la communauté depuis de nombreuses années, peu de gens pouvaient se vanter d’avoir connu son arrivée parmi eux, il était du genre humaniste, préférant utiliser ses pouvoirs pour aider les autres et pour améliorer leurs conditions, plutôt que pour les assujettir ou pour établir un règne de puissance et de peur. Il avait plus d’une fois du se battre pour éviter que des mages aux désirs de pouvoir dévorants n’utilisent leur communauté pour leurs noirs desseins. Mais depuis quelques temps il n’arrivait plus à comprendre les membres de la communauté, depuis que le Doyen s’était entiché de cet espèce de rustre maléfique tout semblait aller dans le mauvais sens. Malheureusement pour lui à part son intime conviction aucune preuve ne venait étayer le fait que Sercator était un mage orienté vers le mal et surtout vers ses propres intérêts, et le conseil le lui avait déjà bien fait comprendre lors de divers votes. Pourtant tout en lui sonnait l’alerte lorsque Sercator présentait des idées, des plans, des objectifs pour la communauté. Sa dernière proposition qui allait être votée ce soir concernait un rituel découvert semblait il sur un très ancien parchemin et qui parlait d’érudition. Ca ne présageait rien de bon pour Uliel, il sentait que quelque chose n’était pas clair et que Sercator ne leur disait pas toute la vérité, il était désemparé, et le Doyen qui lui refusait toute entrevue lui donnait un goût amer dans la bouche, il sentait que de graves événements allaient avoir lieu, mais il ne savait pas dire lesquels et ça l’angoissait.

Aristin venait de terminer la dernière fiole, il avait aussi préparé un faux parchemine magiquement vieilli afin de pouvoir montrer les instructions aux membres du conseil et surtout pour appuyer sa demande, il faudrait qu’il se montre prudent lorsque les prochaines grimoires seraient trouvées que personne ne fasse le rapprochement avec celui qui se trouvait dans son laboratoire secret et qui avait malencontreusement disparu de la communauté.
Il boucha les fioles, ramassa les feuillets et les différents ingrédients et objets nécessaires et parti pour la salle du conseil, un sourire épanoui sur les lèvres il sentait comme le jour où il avait pris le contrôle du Doyen que quelque chose était en train de se passer et que ce quelque chose allait changer sa vie à jamais.

La salle du conseil se trouvait dans un bâtiment relativement bas, fait en pierres blanches aux jointures invisibles, on aurait dit qu’il était taillé dans un bloc de granit d’une pièce. De forme ronde, il comportait un anneau extérieur ouvrant sur diverses pièces. Cet anneau était percé aux quatre points cardinaux de couloirs menant à la pièce centrale, une pièce circulaire surmontée d’un dôme de verre par lequel la lumière jaillissait à torrent la journée, et par lequel les lumières de la nuit rentraient dans la salle la baignant d’une lueur irréelle les soirs de pleine lune. Tout autour de la pièce, sur le mur des globes de couleurs émettaient une lumière douce et apaisante qui se régulait en fonction de la lumière qui pénétrait la pièce par le dôme. Lorsqu’Aristin arriva devant le bâtiment, le soleil était sur le point de se coucher, mais la lumière résiduelle du soleil toute de pourpre et de rouge irisée emplissait encore l’horizon. Il pénétra d’un pas rapide dans le bâtiment, il avait ménagé son entrée en faisant en sorte d’arriver parmi les derniers, ce soir il serait l’attention de ses pairs et ça n’était pas pour lui déplaire. Alors qu’il entrait dans la grande pièce circulaire, le murmure des voix et des conversations se tu presque aussitôt. Tous les regards convergeaient vers lui et vers ce qu’il tenait dans les mains. La pièce était meublée d’une immense table circulaire qu’on aurait cru faite de marbre, à l’aspect brillant et froid, en forme de fer à cheval, la partie centrale ainsi dégagée contenait une table rectangulaire plus petite servant pour la personne qui s’adressait au conseil. Le rituel voulait que le conseil commence avec chaque mage à sa place, Aristin se dirigea donc vers sa place. Certains murmures s’entendaient à nouveau à mesure qu’il se rapprochait de son siège, mais il n’arrivait pas à en déterminer le sens général ne sachant pas ce que pensaient les membres du conseil. Une fois assit, le Doyen se leva et élevant la voix par-dessus le bruit relatif des conversations il ouvrit le conseil.

- Mes chers amis si nous sommes réunis ce soir pour ce conseil exceptionnel, c’est pour écouter notre membre le plus récent qui a découvert un parchemin qui pourrait nous mener à des écrits très anciens et peut être d’une très grande utilité pour la communauté. Je vous prie de faire silence et d’écouter la requête de notre frère à tous. Aristin, vient à la table je te prie.
- Mes chers amis et frères, Doyen, comme vous le savez tous j’ai récemment mené une campagne dans un royaume lointain pour aider un peuple opprimé à remettre à leur tête un homme bienveillant et pour déchoir le seigneur qui les faisait souffrir. Lors de la visite de ses appartements suite au tragique accident dont il fut victime et qui lui prit la vie j’ai découvert un parchemin, bien caché, qui faisait mention d’ouvrages magiques très anciens ainsi que d’un rituel pour les localiser. Si vous voulez bien vous donner la peine.

Aristin posa le parchemin sur une des extrémités de l’immense table afin que les membres du conseil puissent regarder celui-ci et le faire circuler entre eux.
Laissant le temps au parchemin de parcourir la distance le séparant du Doyen il reprit la parole.

- Ainsi qu’il est écrit, ces ouvrages sont antérieurs à la plupart des livres que nous connaissons, de plus ceux qui ont eu accès au livre trouvé dans les ruines d’ARK-SOL retrouveront dans certaines tournures de phrases et certains symboles des similitudes étonnantes, c’est pourquoi j’ai sollicité ce conseil, afin de pouvoir lancer le rituel dont il est question à la fin de ce parchemin, comme vous le voyez sur cette table, tous les composants et les équipements nécessaires sont ici, les sorts sont aussi prêt sauf les plus courants que vous maitrisez tous, je les ai préparés dans des parchemins afin d’en faciliter l’exécution. Si vous pensez que ces livres peuvent avoir un intérêt pour notre communauté, alors je vous demanderais de voter pour que nous tentions de les retrouver.
- Mes frères, Aristin vient de nous exposer sa requête, prenez encore le temps de faire circuler le parchemin, pour ceux qui le désirent, rentrez dans le cercle et allez voir tout ce qui se trouve sur la table. Et lorsque la lune apparaitra dans le dôme de verre nous voterons pour ou contre cette requête.

Aristin se recula comme le voulait la tradition, il s’installa entre les deux extrémités da la table et attendit. Les mages curieux se levèrent nombreux pour venir regarder ce qui se trouvait sur la table. Les murmures allaient désormais bon train et à voir l’état d’exaltation de la plupart de ces condisciples, Aristin sut que le tour était joué avant même que le vote n’ai lieu, il remarqua d’ailleurs que le seigneur Saularez semblait avoir une mine déconfite, ce qui ne fit que rajouter à sa jubilation, il n’avait jamais eu à souffrir de perdre une bataille face à cet homme et ce malgré toute l’agressivité et l’opiniâtreté qu’il avait déployé pour tenter de faire capoter tout ses plans. Alors que les mages reprenaient leurs places, Aristin se réinstalla face à la table et face au Doyen.

- Mes biens chers frères, vous avez maintenant toutes les données pour vous forger un jugement, je vous demanderais de bien vouloir voter pour savoir si vous désirez ou non que nous utilisions les moyens mis à notre disposition pour le bien de la communauté. Mais avant toute chose et comme le veut la tradition, est ce que l’un d’entre vous a quelque chose à objecter ou un point de vue à faire valoir contre le projet de frère Aristin ?

Uliel baissa les yeux, il savait qu’il n’avait aucune chance de rallier une majorité à ses réticences et il n’avait aucune envie de perdre et faire perdre du temps au conseil, après tout le Doyen qui était le garant des institutions de la communauté savait ce qui était bon pour eux, et il n’avait aucune raison de remettre en cause son jugement et son libre arbitre. Et puis quoi de mieux que de prendre part à toute cette affaire pour être au plus près de l’événement et pour avoir une chance d’intervenir au cas ou les choses tourneraient mal.

- Et bien alors que le vote soit !

Annonça le Doyen de manière rituelle claquant des doigts en même temps qu’il ânonnait deux syllabes. Des jets de lumières vertes jaillirent de ses doigts et formèrent une forme au dessus de sa tête qui ressemblait à un panneau indiquant son vote.
Chacun des mages fit le même geste et des filaments de couleur jaillirent de toutes les mains, se rejoignant soit en des formes vertes soit en des formes rouges suivant le vote que le mage voulait faire valoir. A la surprise générale Saularez vota pour et semblait aussi surpris de voir autant de rouge dans les différents votes. Il comprit trop tard qu’il aurait certainement pu peser sur ce vote contrairement à ce qu’il avait pensé en voyant la suffisance et la confiance que Sercator pouvait avoir en lui. Mais sa voix comme d’autres eurent raison du vote qui pencha à la majorité définitivement pour que l’expérience ait lieu.

- Mes frères, voici les résultats du vote.

Le Doyen agita deux doigts comme s’il entourait dans les airs toutes les formes colorées des autres mages et qu’il les tirait à lui. Au dessus de lui se formèrent deux formes l’une rouge et l’autre verte, et elles grossirent de manière proportionnelles aux votes de l’assemblé. La verte légèrement mais suffisamment plus grosse que la rouge.
Le Doyen fit ensuite approcher Aristin de sa place, puis de ses deux doigts il déplaça la forme la plus grosse au dessus de la tête du mage. Celui-ci fut nimbé d’une douce lumière verte.
Puis se retournant il se rapprocha de la table et commença à séparer les différents parchemins et composant pour les distribuer à toute l’Assemblée.

Toute la nuit, les mages se succédèrent tantôt récitant les runes magiques inscrites sur les parchemins, tantôt coupant ou utilisant les composants nécessaire à un sort, tantôt transférant leur puissance magique dans les sorts de leurs compagnons afin d’atteindre les effets escomptés.
Lorsque les lueurs de l’aube se levèrent Aristin et les autres mages en sueurs se trouvaient devant une carte magique dessinée devant eux et indiquant l’emplacement de 4 autres tomes mais au grand soulagement d’Aristin, celui qui avait été la source de ce sortilège n’apparaissait pas, surement afin d’éviter de le confondre avec l’un des autres dans le cas où ils seraient situés à des endroits trop proches.
Le Doyen organisa 4 compagnies différentes avec pour mission d’aller chercher et de ramener chacune l’un des grimoires.

Uliel fut mis dans le groupe qui devait parcourir le plus de distance pour avoir une chance d’approcher son grimoire, il y vit un signe de confiance du Doyen et une preuve qu’il voulait que les choses soient faites dans les règles et de la meilleure manière possible. Aristin lui dans son coin jubilait, avec un peu de chance il trouverait et récupérerait son grimoire avant même qu’Uliel ne soit en mesure de chercher le sien, et il ne manquerait pas de mettre à profit ce temps supplémentaire pour en faire une analyse poussée et pour essayer de faire avancer son projet en attendant que les autres ramènent d’autres grimoires.

Le porteur d’Alishaüm se réveilla en sursaut, totalement trempé de sueur, il se leva et posant une main sur le sceptre il sembla s’apaiser instantanément, comme si le rêve qu’il venait de faire n’était qu’une ombre chassée par la douce lumière du soleil levant. Se recouchant, il referma les paupières oubliant totalement les histoires de mages, de livres et de sortilèges qui lui trottaient dans la tête et qu’il ne comprenait et ne comprendrait jamais… Le sceptre pour sa part ne parvint pas à ignorer les visions qu’il avait partagé avec son porteur, se demandant pour combien de temps encore il allait devoir supporter cet esprit faible et dérangé, avant que n’arrive celle qu’il comptait appeler le lendemain maintenant que le sort était prêt à être lancé.
Il ne pouvait pas brusquer trop son porteur de peur de le tuer, les cauchemars étaient l’un des effets secondaire et ils pouvaient mener à la mort, il en était conscient et devait faire attention.
Il devrait se montrer patient mais après tout il avait l’éternité devant lui maintenant.

Venez réagir sur le forum

La malédiction de Nishram - Episode 18

Retour au campement

Après avoir chevauché le plus rapidement possible sans pour autant risquer que Gerrit ne tombe de selle, Ayïuel arriva au campement, une ambiance morose régnait à l’opposé de tout ce qu’il avait l’habitude de voir avec la petite troupe. L’une des prêtresses était attachée et bâillonnée, assise dans l’ombre du feu, et le Dunrad était debout face à elle, la hache entre les mains et le regard mauvais de ceux qui ne veulent pas qu’on les contrarie.
Arrivé à portée de voix Ayïuel appela son frère, lui demanda d’étendre une couverture au sol et de préparer quelques potions de soin, l’incompréhension se lu sur les visages des membres du groupe qui comprirent à la position que Gerrit tenait sur le cheval que quelque chose clochait. Dunrad prompt à réagir se précipita et passant à côté des chevaux parti en direction du chemin.

- Et ils sont combien Ayïuel ? Ils vous suivent ? Ils sont à cheval ou à pieds ?
- Personne ne nous suit Dunrad, vient plutôt m’aider à lui apporter des soins, je te raconterais tout après.

Le nain presque déçu de ne pas pouvoir en découdre haussa les épaules, balança sa hache sur son épaule gauche et revint en trottinant rapidement vers le campement.
Illuël avait étendu une couverture près du cheval de Gerrit, Ayïuel venait de détacher ses mains pour le faire descendre mais Gerrit semblait avoir perdu conscience. Le tenant pour éviter qu’il ne fasse une mauvaise chute il tentait de se dépêtrer de ce corps trop grand et trop lourd pour lui. Kilsham le voyant en difficulté s’approcha rapidement pointant Gerrit de son index et de son majeur droit.


- Levitacorpus, Je le dépose sur la couverture Ayïuel ?
- Oui s’il te plait, fait bien attention il a perdu beaucoup de sang je crois, et je pense qu’il a reçu un très mauvais coup dans le ventre ou sur le flanc.

Dunrad qui ne savait pas quoi faire pour aider, prit la parole à sont tour.

- Mais combien étaient-ils pour vous mettre enfin pour le mettre dans un état pareil ? Et comment ça se fait que toi tu ne sois pas blessé ?

Le nain le regarda de manière suspicieuse, faisant légèrement se relever les lames de sa hache avant de les laisser retomber sur son épaule dans un signe d’impatience.

- Nous avions trouvés des traces d’un passage plus tôt dans la journée quand j’ai entendu un cri désespéré, et que j’ai voulu y aller seul, mais il a désiré m’accompagner.
- Mouais imaginons et ensuite ? demanda le nain dubitatif.
- Et bien ensuite j’ai vu une petite fée par terre qui semblait bien mal en point, mais il s’est avéré que la fée en question était un leurre sur la tête d’un immense monstre fait de roche et de cailloux.

Lazareus qui venait de s’approcher prit la parole à son tour.

- Un rochglim je ne savais pas qu’il y en avait dans le secteur, ces monstres sont des abominations qui sont le résultat de sorts magiques ayant échoués, disons que maintenant il existe aussi des sorts pour les créer mais vu leur très faible intelligence et le peu de contrôle magique que l’on peut avoir dessus je ne connais pas de magiciens suicidaires qui voudraient en créer.
- Mais que pouvait-il faire ici ? Si près de la route demanda Ayïuel, et pourquoi suis-je le seul à l’avoir entendu ?
- Ces monstres ont besoin de viande pour vivre, mais bizarrement ils ne peuvent se nourrir de la viande de certaines races pourtant pullulantes comme les gobelins, les gnolls ou les orques. Et ils ont un moyen de faire approcher les victimes qui consiste à parler dans le langage de la nature comme le font les arbres et les animaux, attirant ainsi biches, sangliers et autres animaux, et votre fonction au service de votre déesse vous a rendu réceptif à cet appel.

Dunrad sembla rasséréné, mais pourtant des questions lui venaient encore à l’esprit.

- Mais pourquoi tu n’es pas blessé et qu’il est dans un état pareil ?
- D’abord Dunrad sache qu’un rochglim est massif, très grand peut être deux à trois fois comme Gerrit et que son seul point faible réside sur le haut de son crane en la personne de la créature qu’il imite pour attirer ses proies expliqua Lazareus.
- Oui mais il ne tire pas de flèches indiqua le nain en voyant les empennages dépassant encore du corps de Gerrit.
- C’est que nous avons ensuite subi une attaque de gobelins pendant que je tentais de combattre ce monstre avec un golem végétal, et Gerrit m’a couvert pour que le sort ne soit pas rompu et que je puisse essayer de combattre cette chose lui répondit Ayïuel.
- Mince et ils devaient être nombreux quand même ?
- Entre 15 et 20 probablement mais je ne comprends pas ce qu’ils faisaient ici ils m’ont donné l’impression d’attendre un peu avant d’intervenir exposa Ayïuel.
- Ils devaient vivre en « harmonie » avec ce rochglim, sur un chemin emprunté comme celui ci, il devait arriver à attirer parfois des chevaux de passage et qui dit chevaux dit cavaliers… Le rochglim se nourrit exclusivement de chair, les petites charognes devaient récupérer toutes les possessions de ces malheureuses victimes.

Kilsham pendant le temps de la discussion venait de faire boire à Gerrit de force deux potions de soins, celui ci venait d’ouvrir les yeux, mais semblait encore très faible. Illuël pendant ce temps faisait sortir les pointes de flèches et les différentes armes encore présentes dans le corps de Gerrit de manière à stopper la perte de sang grâce aux potions de soins.
Ayïuel qui reprenait pieds peu à peu s’approcha du corps du guerrier, et les bras élevés au dessus de sa tête légèrement écartés, il semblait crier, un cri silencieux, mais quelques secondes après des volutes blanches striées d’azur prenaient corps autour de ses membres et glissèrent comme des serpents en ondulant en direction du corps de Gerrit, il fallu plusieurs minutes pour que les volutes entourent le corps du guerrier entièrement puis elles devinrent brillantes au point que les spectateurs durent détourner les yeux du corps couché sur le sol.
Lorsque la luminosité baissa, Gerrit semblait serein, les yeux fermés, la respiration calme et reposée, il dormait sur la couverture.

- Il va se reposer jusqu’à demain matin et devrait se réveiller en pleine forme indiqua Ayïuel.
- Bon ce n’est pas tout ça mais je fais quoi d’elle moi ? indiqua Dunrad de la pointe qui dépassait du manche de sa hache au dessus des deux lames.
- Mais puisque on vous dit qu’elle voulait juste soulager un besoin naturel dirent plaintivement à l’unisson les deux autres prêtresses.
- Ouais ouais vous ne me la ferez pas à moi, elle est partie en catimini pendant que nous étions en train de débattre à propos de nos poursuivants leur assena Dunrad d’une voix forte et autoritaire.
- Mais regardez bon sang, permettez lui au moins de changer de robe.

Tout le monde se tourna vers la prisonnière dont les joues couvertes de larmes indiquaient son malaise et sa honte, le bas de sa robe mouillée et le liquide qui s’écoulait autour d’elle dans les aspérités du terrain finissant de rendre la situation encore plus difficile pour tout le monde.
Dunrad rouge de confusion lâcha sa hache qui lui écrasa le pied lui arrachant un cri de stupeur.
Il se précipita derrière la jeune femme et la détacha, prenant soin de ne pas ajouter un peu plus à sa honte. Il sorti un gamelle en métal qu’il remplit d’eau et qu’il mit à chauffer sur le feu du campement, courant à droite et à gauche pour réunir les vêtements de la jeune femme, du linge de toilette et diverses petites douceurs sensées atténuer l’espérait il la situation. La jeune femme et les deux autres prêtresses prirent le nécessaire de toilettes et les vêtements propres et partirent quelques mètres plus loin sous le couvert des arbres pour procéder au nettoyage de la jeune femme.
Lazareus les sourcils froncés se tourna vers Dunrad.

- Et bien mon jeune ami, je vous avais conseillé de nous laisser la questionner magiquement nous aurions évité une humiliation inutile à cette jeune femme ne croyez vous pas ?
- Ouais bin moi la magie je ne lui fais pas confiance, et puis vous auriez très bien pu être ses complices.
- Votre paranoïa est toute à votre honneur si ce n’était qu’elle n’était pas justifiée, ne croyez vous pas que vous auriez pu nous en faire part et que nous aurions pu tenter de voir par des moyens tout autre si aucun de nous n’était un espion à la solde de nos poursuivants…
- Comment savez vous que je soupçonne heu enfin ?
- Je pense même pour tout dire que c’est Gerrit qui soupçonne ça, car il connaît aussi bien que moi et Ishaan le sceptre qui semble être derrière tout ça, et je ne peux que reconnaître qu’il vaut mieux parfois faire un excès de zèle, mais dans le cas qui nous occupe ce n’était pas nécessaire. Si Gerrit avait eu confiance en moi j’aurais surement pu lui expliquer que j’ai justement vérifié de manière magique l’identité de tous nos membres, et que je peux vous assurer qu’aucun d’entre nous n’est à la solde de ceux qui nous veulent du mal.

Dunrad prit une couleur pourpre violacée, manquant s’étrangler. Il se rua sur sa monture, ouvrit le robinet de l’un de ses tonneaux et remplis une chope en étain qu’il s’empressa de vider d’une traite, puis bougonnant il parti se mettre quelques mètres plus loin avec sa monture et sa boisson.
Lazareus prit lui aussi congé du reste de la troupe, se retirant pendant que le malaise était encore suffisamment grand pour lui éviter toute question relative à sa mise à l’écart. Il n’avait pas encore finit sa journée et ne pouvait pas encore prendre du repos.
Une fois installé assez loin des autres il s’installa dans une position qui pouvait faire croire qu’il dormait, ses doigts agiles et surtout libres de leurs mouvements tracèrent différentes runes dans les airs, runes qui semblaient exploser de manière silencieuse dans une lueur diffuse difficile à voir depuis le campement.

En quelques secondes il avait retrouvé la trace de la clairière qui avait été le théâtre de la bataille, il avait vu ce qu’il s’était passé, comme si il avait pu remonter le temps et s’être trouvé dans la clairière, il vit tout, l’appel du monstre, le combat, les différentes phases de celui ci. Puis une fois confirmé qu’Ayïuel disait la vérité, il traça d’autres runes se concentrant particulièrement sur le monstre, il voulait en avoir le cœur net, se pouvait il que le sceptre se soit trouvé un nouveau porteur et qu’il soit capable de lancer ce genre de sortilèges…
Il soupira enfin alors qu’il vit comment le monstre avait vu le jour, une banale inversion de syllabes dans une incantation complexe qui avait valu à l’apprenti magicien une mort douloureuse et lente et les restes encore fumant et dégoulinant qui avaient contaminés la terre pour en faire naitre cette monstruosité. Pour le moment le sceptre n’était toujours pas capable de faire jaillir toute sa puissance et c’était tant mieux pour eux, car dans le cas contraire ils risquaient de se trouver terriblement dépourvus face à lui. Une fois ses vérifications terminées, il fit comme ses compagnons, cherchant le sommeil réparateur en attendant le lendemain et la conquête des montagnes. Avant de s’endormir il renforça les sorts qui protégeaient le campement à l’insu de Kilsham et les rendit totalement indétectable. Puis un sourire figé sur les lèvres indiquant qu’il était fier de ce qu’il venait d’accomplir, il s’allongea finalement pour tenter de se reposer un peu.


Pendant ce temps dans une caverne le sceptre pestait encore contre son porteur.


- Il me faut définitivement trouver quelqu’un pour remplacer ce boulet que je traine, je vais le garder en stase pour qu’il tue de ses mains ses anciens compagnons, mais je dois trouver un magicien pour pouvoir laisser exprimer tous mes pouvoirs et le plus rapidement possible.

Le sceptre acheva de lancer un sort de détection qui afficha dans une surface liquide indéterminée des images, des volutes, qui se transformaient par moment en visages.

- Pour commencer mon nouveau porteur devra porter la marque de Spiralia, il devra être un magicien et se situer dans les abords de cette caverne sur une distance de moins de 3 jours de cheval.

Les volutes tournoyaient de plus en plus vite, puis deux visages apparurent dans le liquide, celui d’une jeune femme et celui du jeune magicien qui accompagnait Gerrit.

- Bon ce Kilsham est trop loyal et peut être même trop doué pour être facilement manipulable, par contre cette jeune femme pourrait fort bien faire l’affaire. Ces deux jeunes gens sont des descendants des magiciens de Spiralia, qu’elle étonnante surprise que de les trouver tous les deux par ici.
Alors voyons où se trouve cette jeune femme et comment l’attirer ici.

Si le sceptre avait été humain, il aurait manqué s’étouffer en découvrant que la jeune femme n’était nulle autre qu’une des personnes accompagnant cet orque incompétent qui ne faisait que lui faire perdre son temps.

- Et bien je crois que l’attirer et la corrompre ne devrait pas être trop dur, je vais préparer le sort pour l’appeler dans la nuit, avec un peu de chance d’ici quelques heures elle sera peut être à mes côtés, vu qu’ils ne sont pas si loin que ça en ce moment. Si ils imaginaient être si prés de moi…

Le porteur du sceptre qui n’avait plus de volonté propre depuis tellement longtemps, tel une marionnette parti dans la caverne chercher les ingrédients nécessaires pour lancer l’appel et tenter de faire venir cette magicienne dans l’antre du sceptre.

Venez réagir sur le forum

La vengeance - Episode 5

Alors que la machine était mise sous tension elle analysa son environnement, détourna les analyseurs et filtres divers de leur utilisation normale et commença à visiter les environs de ce réseau sur lequel elle était connectée. Un processus fut très rapidement installé de manière sécurisé sur une machine qui semblait sure et rarement utilisée, puis le matériel commença à essayer de joindre un immense sous sol afin de commencer à transférer des informations intéressantes avant que la prise de contrôle ne soit découverte.

 

Lorsque le boitier fut mis sous tension il semblait n’avoir d’autre comportement que celui d’une alarme silencieuse, et le technicien qui surveillait les différentes données qui transitaient ne trouva rien d’étrange et nota le numéro de téléphone utilisé sans chercher à savoir à quoi il correspondait. Puis ne voyant rien de particulier il sortit pour aller se chercher un café, il devait surveiller ce matériel toute la nuit alors il lui faudrait tenir le coup.

 

Dans un sous sol de la ville l’agitation étaient à son comble, en effet la machine et le boitier avaient été mis sous tension, le boitier avaient en quelques secondes été reprogrammé pour se comporter comme ils imaginaient qu’il devait le faire, et doucement les données arrivaient sur les différentes machines contenues dans le sous sol.

 

-Et voilà, nous y sommes… Et dire qu’il se prend pour un génie, quel stupide stupide petit homme. Alors voyons qu’est ce que nous avons là, tiens les dossiers du personnel, mais dites moi, il semble que notre petit Eliot a un certain nombre d’employés, il va falloir que je commence à me renseigner sur la plupart d’entre eux.

 

Diverses recherches furent lancées en parallèle sur un certain nombre d’employés de la cellule d’Eliot. Et les fiches des plus hauts placés furent préparées pour des analyses poussées.

 

-Tiens donc mais je ne savais pas que notre cher petit Eliot avait deux enfants, mais que voilà une bien charmante nouvelle, voici deux nouvelles cibles de choix et je suis sur qu’ils ne seront pas difficile à retrouver, une petite monnaie d’échange bien pratique ou un levier à actionner au moment propice. J’aime ces agences qui se sentent tellement bien protégées qu’elles laissent tout et n’importe quoi sur leurs machines. Mais qu’est ce que !!!

 

Le transfert venait de s’interrompre de manière inattendu et même si le processus installé au cœur du système central de la cellule semblait encore actif, les différents processus qu’il avait crée venaient d’être terminés de manière plutôt violente.

 

Elaun City – Cellule d’Eliot

 

Eliot qui venait de terminer le débriefing de la mission décida tout de même de jeter un œil plus approfondi sur le matériel récupéré sur les lieux de l’intervention.

Lorsqu’il arriva devant la porte il ne trouva pas le document d’intervention, mais ne s’en soucia pas pensant qu’il l’avait lui même retiré quelques heures plus tôt, ce n’est que lorsqu’il entra dans la pièce et qu’il vit le technicien installé derrière l’ordinateur de contrôle qu’il fut pris d’une panique soudaine, il se jeta sur le technicien et sans ménagement lui demanda de quitter le poste. Il ne lui fallut que quelques secondes pour voir les quantités faramineuses de données qui transitaient vers des serveurs extérieurs il nettoya tous les processus dans le réseau informatique qui semblaient avoir pris quelques libertés. Il débrancha la machine mise sous tension et après avoir observé que le boitier ne semblait pas être responsable de toute cette affreuse fuite, il sortit avec la liste des serveurs qui avaient reçus des informations bien entendu il s’avéra qu’aucun de ces serveurs n’était exploitable et qu’il aurait du suivre les informations au moins une fois afin de savoir qui et où était situé l’endroit qui recevait les informations.

 

Après avoir frappé du poing plusieurs fois sur son bureau il se releva furieux et reparti en direction de la pièce ou le matériel éteint n’avait pas bougé, le technicien avait profité du départ d’Eliot pour s’enfuir sans demander son reste, et dans la pièce désormais presque silencieuse Eliot sentit un frisson lui parcourir l’échine, qui avait eu accès à leurs informations et quelles informations. Il se réinstalla derrière la machine de contrôle et commença par chercher l’endroit où le boitier téléphonait, tout en lançant une recherche sur l’ensemble du parc informatique afin de déloger d’éventuels gêneurs et petits invités cachés.

Il passa le plus clair de sa nuit à fouiller les machines de son réseau, isolant les processus un par un pour tenter d’en déloger les intrus, ne trouvant que des processus normaux et autorisés, et ce n’est que lorsque finissant de siroter son café, il décida de laisser tomber qu’il en découvrit un sur une vieille machine qui ne tournait qu’à titre d’archive, l’encerclant il l’isola tout en le laissant tourner et lui fit croire qu’il était encore actif, il filtra tout ce qui y entrait et en sortait et mis un système en route pour enregistrer tout ce qui pouvait transiter dans ce processus. Regardant son œuvre il prit du recul en s’appuyant sur le dossier du siège qui s’inclina en arrière, passant ses mains derrière sa tête il soupira, il ne pouvait plus faire grand chose pour le moment, il devait attendre maintenant que celui qui avait installé ce programme l’utilise enfin en espérant qu’il puisse le tracer au moins vers une nouvelle cible.

Ramassant tous les gobelets qui trainaient sur le bureau ainsi que les documents qu’il avait pris avec lui il sortit non sans fermer la porte avec un code d’indentification empêchant quiconque voudrait y entrer de le faire et lui laissant l’accès exclusif à cette pièce et son contenu.

 

Elaun city – Un sous sol gigantesque

 

La crise était enfin passée, la machine avait été mise sous tension et le nettoyage rapide et sans faille, il avait même cru que son petit protégé bien caché avait été découvert mais ses craintes s’étaient vite envolées quand il avait pu voir que celui ci continuait de faire ce en quoi il avait été déguisé. Pour le moment il ne pouvait pas faire grand chose, il se faisait tard et les recherches sur les employés du groupe ne seraient pas finis avant de nombreuses heures, de toute façon il avait d’autres choses à prévoir, maintenant qu’il avait localisé le lieu où se situaient ses ennemis, il ne lui manquait plus qu’à trouver une petite propriété dans le secteur, et à attaquer les travaux nécessaires à son implantation proche d’eux, le plus près il serait le mieux cela serait pour ses plans, jamais ils ne chercheraient dans leur environnement proche, et si son plan réussissait avant même qu’ils ne s’en rendent compte il serait relié à leur réseau et à leur propres infrastructures.

Il regarda tous les traitements qu’il avait mis en route et se rendit compte qu’il ne pouvait plus rien faire pour le moment. Il décida de prendre un peu de repos de toute façon désormais plus rien n’était réellement pressé après tout.

 

Elaun City – Cellule d’Eliot le lendemain matin

 

Eliot se réveilla en sueur, il avait très mal dormi, comme il détestait cette pression quand il ne savait pas qui il avait en face et quelles étaient ses intentions, il se leva rapidement, enfila des vêtements légers et pratiques et se rendit dans la salle de commandement, Ralf était déjà en train de regarder certains documents et semblait tellement absorbé par ce qu’il était en train de lire qu’il ne se rendit compte de la présence d’Eliot que lorsque celui ci se laissa bruyamment tomber dans une des chaises en face de lui.

 

- Ralf il faut qu’on détecte un autre des nœuds rapidement et qu’on s’y rende, j’ai peur que nous ne soyons pris dans une course contre le temps, j’ai bien réfléchi cette nuit et quelles que soient les informations qui ont filtrés hier soir, il n’est pas concevable d’imaginer qu’elles sont sans intérêt, bien au contraire, notre adversaire a maintenant un très net avantage sur nous, et nous ne savons toujours pas à qui nous avons affaire et d’où il tire les ficelles.

- As-tu analysé les rapports de ce que tu as mis en place hier sur le processus qui tourne encore ? Ralf alluma l’un des écrans entre eux, et se saisit d’un clavier pour le donner à Eliot. J’ai un peu regardé et je n’ai pas aimé, les liens sont différents toutes les secondes, et pourtant on dirait que le flux d’informations qui transite est tout bonnement énorme, et le pire c’est que malgré tes filtres on ne voir rien passer…

- Mais qu’est ce que tu racontes enfin, ça n’est pas possible voyons il aurait fallu que le processus se rende compte que je l’avais détecté et que je l’avais mis à nu pour prendre ce genre de décisions et encore je vois mal comment un processus pourrait prendre une quelconque décision.

- Et pourtant regarde les tableaux de la nuit.

 

Eliot n’en croyait pas ses yeux lui qui était si fier de ses analyses comment pouvait il être passé à côté de ça ? Le processus semblait avoir évolué, mais il demeurait toujours normalement toujours isolé et pourtant comme Ralf venait de le lui dire le volume de données qui avaient mystérieusement disparue depuis hier était tout bonnement phénoménal.

Regardant les statistiques il tourna triomphalement l’écran à Ralf après quelques minutes de pianotage intensif.

 

- Non regarde, suite au problème il n’y a plus rien eu, le processus isolé et en attente mais n’a pas pris contact et n’a envoyé aucune donnée, par contre il a muté et son évolution est comme tu le dis surement déclenché par quelque chose que je ne vois pas transiter sur nos courbes, ça doit correspondre à ce petit volume qui n’a pas pu être tracé pour le moment. Mais concernant la fuite le plus surprenant reste le fait que les données qui ont été envoyées l’ont été quasiment de partout en même temps par des processus qui ont disparus lorsque j’ai mis sous tension le boitier, ce qui veut dire que celui ou ceux derrière tout ça sont quand même terriblement bons…

- Bon donc on n’a pas de taupe pour le moment à part celle surveillée ?

- Non c’est exact, mais il me faudrait maintenant avoir plus d’informations sur notre adversaire car j’ai peur que son processus soit capable de rester en hibernation très longtemps…

Autre chose, j’ai mis à analyser les flux de données qui ont transités cette nuit et j’ai peur que les données perdues contiennent des informations comme les fiches de notre personnel et d’autres données confidentielles, ce qui veut dire que notre ennemi est autrement mieux renseigné sur nous que nous ne le sommes sur lui, ce qui nous met dans une situation difficile.

- Et notre chaperon est déjà au courant de tout ça j’imagine ?

- Tu sais bien que nous avons l’obligation de faire remonter ce genre d’incidents…

- Bon et bien prépare toi à recevoir la visite de ces messieurs en costard, qui vont venir fouiner partout pour comprendre comment une telle fuite a pu avoir lieu, et crois moi ce n’est pas le moment de les avoir sur le dos.

- Je le sais Ralf, je le sais… Au fait comment va l’agent Waltz ?

- Tout va bien on a extrait la balle dans la nuit il va avoir besoin de quelques jours de calme mais je pense qu’on va l’embaucher il a un fort potentiel et puis après tout il a déjà failli perdre la vie sur sa première mission ça ne serait que légitime.

- Ok je te laisse gérer tout ça moi je prends en charge la hiérarchie et nos amis qui ne devraient pas tarder à venir nous rendre leur petite visite.

 

 

Elaun city – Un sous sol gigantesque

 

Déjà certaines des recherches avaient données des résultats plus que convenables, il venait de porter plusieurs plaintes à la police sur certains membres du personnel d’Eliot, et il avait trouvé un endroit ou s’installer, tout avançait très vite et surtout très bien.

Le processus avait muté et resterait en sommeil quelques jours encore, le temps de lui fournir l’un des relais avec lequel il serait mis en relation, peut être le nouveau qu’il venait de finir de concevoir pourquoi pas.

Il en avait encore pour quelques jours pour finir d’analyser toutes les données et faire le plus de dégâts possible à la cellule, il adorait ce moment où seul il pouvait agit et où il prenait un avantage certain sur son adversaire, c’était grisant de savoir que de l’autre côté ils n’avaient rien, pas l’ombre d’un petit indice et qu’en plus ils avaient encore le loup dans la bergerie sans même le savoir…

 

Venez réagir sur le forum

La malédiction de Nishram - Episode 17

Le sens du danger

Lorsque Illuël reprit le pistage le lendemain de l’incident qui avait décidé de leur changement de direction, il ne cessait de regarder dans toutes les directions, cherchant autant sur le sol que dans les airs la présence ou la trace suspecte de poursuivants. Chaque oiseau qui venait à passer plusieurs fois au dessus de la caravane devenait suspect, chaque nuage lointain de poussière pouvait être un cavalier venant à leur rencontre, à tel point qu’il s’épuisa bien plus rapidement que de coutume et qu’il dut demander plusieurs repos à Gerrit durant lesquels le pistage était assuré de manière magique par Kilsham et Lazareus. Son frère avait beau le soutenir en lui fournissant des soins magiques et du repos venant de sa déesse, il devait reconnaître que cette pression ne lui convenait pas. Et surtout à mesure que la journée passait il avait l’impression de détecter des indices indiquant qu’ils étaient suivis, devenant paranoïaque au point que ses compagnons finirent par ne plus prêter trop attention à ses avertissements alarmistes réguliers.
Au point qu’ils ne virent pas la poussière soulevée par les chevaux de six cavaliers, qui apparaissait et disparaissait dans l’entretemps entre les sorts qui étaient censés les rendre discrets ce qui avait rendu la chose suspecte aux yeux d’Illuël.
Lors du campement ce soir là et afin de le rassurer Kilsham utilisa un sort lui permettant de transporter sa vue de manière libre, il dirigea le sort dans la direction indiquée par le ranger, et malgré tout ses efforts, il ne parvint à découvrir la trace d’aucun sabot, d’aucun passage humain dans le secteur, ce qui finit de démoraliser Illuël qui partit se coucher de bonne heure visiblement éreinté et mentalement épuisé.

La deuxième journée fut plus calme le ranger ayant pris sur lui de ne pas trop en faire et de laisser ses peurs irraisonnées de côté afin de ne pas gâcher son jugement. La direction prise menait vers le seul passage qui permettait depuis cette vallée de franchir la chaine montagneuse devant eux afin de se rendre à la destination prévue pour accompagner les prêtresses. En cette saison seul le haut de la passe serait recouvert de neige, il lui faudrait donc faire très attention surtout que ce chemin escarpé, étroit et particulièrement sinueux était l’endroit idéal pour une embuscade, mais il avait beau être un très bon et très expérimenté ranger, il devait avouer que le travail sur les routes caillouteuses ou de nombreux passages étaient carrément à même la roche était souvent difficile et inexact. La journée était déjà bien avancée lorsqu’ils se retrouvèrent suffisamment près de la montagne, il décida qu’ils devraient camper au pied de la montagne, pour être sur de ne pas risquer de mauvaise surprise à la nuit tombée s’il s’avérait qu’ils ne trouvaient pas d’endroits où établir leur campement.

- Gerrit nous allons nous éloigner de quelques dizaines de mètres de la piste pour trouver un endroit abrité du vent et facilement surveillable, et nous repartirons demain aux premières heures du soleil, je ne me sens pas de continuer, la nuit sera là tout au plus dans deux heures, ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour avancer et trouver un coin accueillant dans toute cette roche.
- Illuël je reconnais là ton esprit de prévoyance, je te laisse choisir le lieu le plus approprié, je vais prendre ton frère avec moi et je vais remonter cette deuxième piste voir si plus loin sur le chemin il n’y aurait pas quelques dangers. Arrange-toi avec les magiciens pour installer toutes les protections nécessaires d’après eux.
- Kilsham je te demande de faire le nécessaire pour effacer nos traces jusqu’au lieu du campement et si possible de faire en sorte que nos chevaux à moi et à Ayïuel ne laissent plus de traces pendant deux heures environs si c’est possible.

Kilsham s’approcha des deux chevaux, il prit un morceau de soie dans une petite poche de sa robe de mage, et l’appliquant sur ses lèvres comme un bâillon il psalmodia des paroles trop doucement pour que quiconque puisse les entendre, le morceau de soie se mit à briller d’un halo pourpre aux liserés or, et il s’envola pour aller se glisser sous chacun des sabots des chevaux. Lorsqu’il retourna dans les mains de Kilsham, Gerrit prit son cheval par la bride et lui fit faire quelques pas dans la poussière pour vérifier qu’il ne laissait absolument plus aucune trace.

- Bien nous vous laissons, pas de bêtises surtout, Dunrad, viens voir par ici s’il te plait ?
- Oui Gerrit que veux-tu ?

Gerrit l’attira légèrement à l’écart du groupe, il jetait des coups d’œil furtif à ses compagnons et lorsqu’il estima être suffisamment loin pour que personne ne puisse les entendre il s’arrêta et se positionna de manière à offrir son dos au reste du groupe et à cacher le nain pour que personne ne puisse voir ce qu’ils se disaient.

- Ecoute Dunrad je crois que nous avons affaire à une vieille connaissance à moi, un sceptre pour être exact, je n’ai pas les détails exact, tout ce que je sais c’est qu’il est extrêmement puissant peut être assez pour avoir pris corps dans l’un ou l’autre de nos compagnons, il n’y a guère que toi qui soit aussi réfractaire que moi à la magie en qui j’ai confiance. Alors ce que je vais te dire est à prendre avec la plus grande attention, si tu repères la moindre chose étrange, le moindre petit soupçon d’une attitude inhabituelle, fais m’en part, je serais absent au maximum deux heures, alors surtout surveille tout le monde.
- Gerrit tu n’as jamais eu l’air aussi tendu, tu ne me dis pas tout exact ?
- Exact, le sort d’il y a deux jours venait probablement d’un shaman, et je me demande si ce salopard de sceptre n’aurait pas fait appel à un shaman orque, voir même à toute une troupe d’orques pour me faire la chasse, et tu connais ma profonde aversion pour cette race et pour ce qu’ils représentent.
- Je vais me montrer vigilant pendant que tu seras absent ne t’inquiète pas.
- Merci mon ami, surtout au moindre soupçon…
- Je fais le nécessaire, je ligote et je bâillonne et j’attends ton retour pour agir et pour  décider je sais Gerrit, je sais, allez file vite avant que la nuit ne tombe.

Gerrit salua le nain et reparti vers Ayïuel, il lui posa la main sur l’épaule et lui fit signe de la tête pour lui indiquer qu’ils prenaient la route, le prêtre tira sur la bride de son cheval et suivit Gerrit à quelques enjambées du campement avant de monter sur son cheval tout comme lui et de partir au trot dans la direction suivie par cet autre chemin.
Les deux hommes chevauchaient depuis de longues minutes sans rien avoir vu comme trace d’un passage depuis au moins des jours voir des semaines, comme si ce chemin n’était jamais emprunté ou presque, Gerrit semblait rassuré bien que cette absence de trace ne lui paraissait pas naturelle. Il se pencha vers Ayïuel et lui parla à voix très basse pour ne pas risquer d’être entendu par des personnes cachées dans les fourrés.

- Ayïuel, si je t’ai fait venir avec moi c’est que tu as un contact privilégié avec la nature grâce à ton rapport avec ta déesse, tu es un homme d’église et personne à part toi n’est capable de parler avec tout ce qui nous entoure pour en tirer des informations capitales, alors écoute moi bien, je voudrais que tu essayes de savoir si des hommes sont passés par ce sentier récemment, et si oui combien et de quelle description.
- Comme tu le sais la description sera fonction de qui me répond, et dans le cas des arbres tu risques d’être déçu par les réponses…
- Je le sais mon ami, mais je ne serais pas déçu, n’importe quelle information peut être valable, de toute façon n’importe quoi sera mieux que rien, vu que nous ne savons pas à qui nous avons affaire.

Le prêtre fit stopper son cheval, il sortit une branche de sous sa tunique, et la manipulant lentement la fit tournoyer entre ses doigts tout en se penchant de droite à gauche comme dans une transe intense et très précisément rythmée. Lorsqu’il cessa ses mouvements il rangea la baguette sous sa tunique, puis fermant les yeux il étendit les bras, Gerrit eu l’impression que la nature toute entière se penchait sur Ayïuel, les branches frémissaient dans sa direction, les feuilles bruissaient comme pour lui parler, il était subjugué par le balais de la verdure quand il remarqua que différents petits animaux semblaient attendre leur tour pour venir parler à l’homme qui les yeux fermés semblait absorber tout ces messages venant à lui.

- Gerrit, la nature est en colère finit il par dire après avoir rouvert les yeux, elle est en colère car elle a été souillée, elle a été arrangée, manipulée, les animaux m’ont dit que des cavaliers au minimum trois sont passés, mais le chiffre ne peut être officiellement confirmé, certains me disent 7 hommes, d’autres moins, d’autres plus, je ne suis pas sur qu’aucun de ces animaux ne sache compter réellement, mais la plupart ont identifié 3 chevaux différents à diverses traces et excréments.
- Ca ne me dit rien qui vaille, et ils ont pu en voir au moins un de ces hommes ?
- Un seul d’après cet écureuil là bas, confirmé par cet arbre qui a senti un froid intense et une impression de mort à son passage, il semble qu’un des hommes soit un novice de Lombra.
- Désolé Ayïuel, mais tu sais que mes connaissances religieuses sont bien maigres, peux tu éclairer ma lanterne sur ces disciples et sur ce dieu que je ne connais que de nom ?
- Et bien disons que Lombra est l’opposé de ma déesse, là ou elle est la vie, la chaleur, la création, Lombra est la mort, le froid, la destruction, c’est le prince du mensonge et l’apporteur de malheur, il est sournois, c’est le mal à l’état brut, leur passage a eu des conséquences désastreuses, cet hérisson là bas a perdu sa famille d’une étrange maladie, cet arbre plus loin est en train de mourir sans savoir de quoi, ces hommes portent les semences de la maladie, de la mort, ils sont les cavaliers qui propagent la mort dans leur sillage.
- Et comment les reconnaître ? Et surtout était ce des humains ou des orques…
- Des humains ils sont tous sur de ça, pour ce qui est de reconnaître un disciple de Lombra, il est tatoué, scarifié, semble en décomposition avancée, et il se peut que tu ne le vois jamais réellement, seulement une image qu’il projette. Ils ont une voix d’outre tombe pour ne rien gâcher, ce sont certainement les plus repoussants être humains « vivants » que tu puisses voir.
- Sont-ils capables de dire quand ils sont passés ?
- Dans la journée mais pas d’heure précise si telle est ta question…
- Nous devons nous montrer prudent et surtout faire plus confiance à ton frère, il semble que d’une manière ou d’une autre il avait senti que quelque chose n’allait pas. Ensuite je ne veux pas paraître alarmiste mais il me semble étrange que cette piste soit empruntée par ce genre de cavaliers quasiment en même temps que nous, je pense donc que nous allons avoir une rencontre d’ici peu. Il se trouve que je n’aime pas les rencontres inattendues, et encore moins quand il s’agit de me surprendre moi…
Ecoute si la nature n’a plus rien à t’annoncer, nous devrions rentrer et préparer notre avancée de demain avec ton frère, il faut que vous trouviez comment nous éviter cette mauvaise rencontre, tout au moins comment nous prévenir à temps pour la gérer du mieux possible.
- Gerrit des arbres me demandent d’avancer dans un bosquet voir un animal malade, je ne peux pas le laisser là sans rien tenter, je n’en ai pas le droit.
- Je t’accompagne de toute façon je ne peux pas te laisser seul sans même savoir si ces cavaliers ne sont pas encore dans le secteur.

Gerrit jeta un regard circulaire sur le nature qui s’assombrissait à mesure que le soleil commençait à décliner à l’horizon, ne voyant aucune ombre suspecte ou aucun mouvement de feuillage pouvant lui mettre les sens en alerte il posa pied à terre comme Ayïuel oubliant la plus élémentaire prudence concernant leurs traces, leurs chaussures marquant la poussière de la piste alors que les sabots de leurs chevaux ne laissaient toujours aucune trace.
S’enfonçant dans une végétation qui devenait par moment épaisse, les deux hommes s’avançaient dans ce qui aurait pu sembler un piège de verdure si Ayïuel n’avait semblé sur de lui et de la direction à suivre, après quelques minutes éprouvantes surtout pour leurs montures les deux hommes arrivèrent à l’orée d’une minuscule clairière dans laquelle une étrange lueur dorée palpitait par intermittence. Gerrit sur ses gardes ne voyait pas ce qui pouvait faire cette étrange lumière, il cherchait les traces d’un pièges qui aurait pu se refermer sur eux et ne voyant rien eu l’impression que quelque chose n’allait pas. Il tendit le bras en direction Ayïuel et le retint d’avancer plus avant.

- Quelque chose n’est pas clair mon ami, cette clairière me semble étonnante et surtout tu m’avais parlé d’un animal hors la seule chose inhabituelle est cette lumière dorée, et je ne connais nul animal qui émette ce genre de signal étrange.
- Pourtant mes sens et les messages qui m’arrivent me poussent vers cette lumière, je sens une détresse terrible s’en échapper, peut être est-ce un représentant des peuples féeriques, peut être s’est il blessé ou le passage du novice l’a touché d’une manière qui nous échappe en tout cas je dois me rendre près de lui ou d’elle et voir comment l’aider.
- Je n’aime pas ça du tout…

Gerrit sortit son épée de son fourreau, se tournant sans arrêt dans toutes les directions il laissa le prêtre s’approcher de la pierre et de la motte d’herbes qui cachaient ce qui émettait la lumière tout en le suivant avec lenteur et attention. Lorsqu’Ayïuel fut assez près il vit une étrange petite créature diaphane reposant sur un lit de mousse, les bras et les jambes étendus dans des positions anormales comme si la petite créature était une marionnette désarticulée tombée des mains de son marionnettiste. Il approcha doucement tentant de voir si le petit corps qui semblait léger comme une plume donnait encore signe de vie en dehors de cette petite lumière ténue.

Gerrit vit en quelques secondes le mouvement qui s’amorçait, la pierre et l’herbe parurent se soulever comme s’élevant dans les airs devant eux. En quelques secondes les deux hommes se retrouvèrent avec une montagne vaguement humanoïde face à eux, la créature semblait faite de roche, d’herbes, une atrocité de la nature qui s’élevant maintenant sur ses deux jambes leur fit découvrir que la lueur dorée et la pseudo créature était restées sur le haut de ce qui devait lui servir de crane, et que le sol autour de ses pieds ressemblait à un nid creusé à même le sol épousant à priori parfaitement sa forme lorsqu’elle était couchée dedans.
Gerrit jura, serrant son arme à s’en faire blanchir les phalanges, il n’avait pas pour habitude d’être effrayé, mais la masse gigantesque qui se dressait devant eux, et qui devait largement être deux à trois fois plus grande que lui, par son côté massif et imposant avait un côté impressionnant qui ne le laissait pas de marbre.
Ayïuel recula tenant toujours son cheval par la bride qui semblait manifester des signes de nervosité mais qui était encore contrôlable pour le moment.
Il ouvrit les bras en psalmodiant des paroles indistinctes et la nature sembla prendre vie, des branches, des lianes, des racines semblèrent s’animer,  pointant et s’étirant dans sa direction, comme si elles étaient irrémédiablement attirées par son corps. Lorsqu’elles se touchaient, elles s’entortillaient, s’épaississant à mesure des secondes qui passaient, jusqu’à ressembler à de gigantesques appendices comme autant de tentacules d’un monstre gigantesque.

Gerrit sur le qui vive venait d’éviter l’un des bras de la créature qui heurtant un arbre le brisa et le déchira comme un éclair aurait pu le faire, avec la même force et la même facilité.
Il avait un avantage sur cette espèce de golem monstrueux qui résidait dans sa vitesse. Alors que le monstre avait encore le bras à moitié pris dans les débris de l’arbre, Gerrit frappa ses jambes, heurtant violement la roche dure qui stoppa net son arme, l’onde de choc se propagea dans son bras et dans son coude lui tirant un cri de surprise et de douleur.
Il se retourna et vit les appendices commencer à se former, comprenant que quelque chose était en train de se préparer du côté de son compagnon il comprit qu’il devait occuper la monstrueuse créature au moins jusqu’à ce que Ayïuel fasse quelque chose.
Réfléchissant en même temps qu’il agissait Gerrit décida de servir de cible à la créature aussi longtemps que nécessaire, prenant son cheval par la bride il l’entraina à sa suite rapidement, lâchant les lanières de cuir il lui tapa sur l’arrière train pour le faire déguerpir de l’autre côté de la clairière, se retournant juste à temps pour voir arriver le poing titanesque du monstre et pour tenter de l’esquiver. La douleur qui s’éveilla à son flanc lui indiqua qu’il n’avait pas été suffisamment rapide, mais il n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort, il devait trouver un moyen de faire du mal à cet adversaire qui paraissait très résistant.
Le regardant il cherchait à voir si un morceau du corps de la bête semblait différent du reste, par le passé cette technique lui avait sauvé plusieurs fois la vie, mais force était de constater que dans le cas présent rien ne permettait d’identifier quoi que ce soit dans le genre à part peut être l’espèce de fausse fée coincée sur le haut du monstre et rendu totalement inaccessible par la taille de celui ci.
La bête avança vers Gerrit d’une démarche inégale et mécanique, Gerrit saisit l’occasion prenant appui sur le sol il posa un pied sur ce qui ressemblait à la cuisse du monstre et s’en servant comme d’une marche il tenta de continuer son ascension tandis que les bras lents et lourds du monstre fouettaient l’air à la recherche de cette proie trop rapide.
Mais pour Gerrit la montée se termina rapidement et malgré ses moulinets et ses tentatives de frapper à l’emplacement que devait occuper la petite forme qu’il avait vu quelques minutes auparavant il ne parvint pas à l’atteindre. Finissant son mouvement au sol sur le côté de la bête il continua dans le même mouvement de manière à se mettre hors de portée des longs bras.
Cherchant comment l’atteindre, il était tétanisé et perplexe ne comprenant pas de quelle manière il avait une chance de blesser cette bête, il crut d’ailleurs que son esprit surchauffé était le responsable des ricanements qui l’entourait, mais ce n’est que lorsqu’il vit les gobelins sortir des sous bois qu’il compris que toute cette affaire n’était qu’un vaste piège, probablement que ces vermines aidaient le monstre quand il n’y arrivait pas de manière à dépouiller les victimes qui devaient servir de déjeuner à l’horreur mouvante.

Devant Ayïuel désormais se dressait un amas de végétation à la forme vaguement humanoïde lui aussi, d’une taille légèrement inférieure à celle du monstre de roche il n’en était pas moins impressionnant car plus massif et plus ramassé, il semblait plus puissant aussi. Mais il était aussi plus lent, commençant à se déplacer il partit en direction du monstre orienté par Ayïuel qui devait maintenir une concentration totale sous peine de voir son enchantement réduit à néant. Gerrit voyant que son ami semblait comme en stase, compris qu’il devait à tout prix lui éviter de se faire déconcentrer, dans le même temps il devait éviter le monstre de roches, tout en s’occupant des gobelins avant que ceux ci ne fassent du mal à Ayïuel et ne risquent de faire que le sort ne soit perdu. Il ne savait pas combien d’ennemis exactement il avait mais ils étaient nombreux, trop pour un seul homme probablement les gobelins n’attaquant qu’en surnombre, le combat risquait de tourner court si il n’était pas efficace. Prenant un couteau de jet à la ceinture, il évita un nouveau coup du monstre rocailleux, et le lança atteignant un gobelin en pleine poitrine et le faisant tomber à la renverse sous la force de l’impact, le tuant sur le coup. Le golem végétal malgré sa lenteur était à sa portée du monstre, et lui asséna un énorme coup sur l’un de ses bras, le choc fit résonner et trembler la clairière. Le monstre de roches se désintéressa immédiatement de Gerrit pour s’occuper de celui qui venait de le heurter avec une telle force.
Gerrit reconnaissant sa bonne étoile, prit quelques secondes pour faire un rapide balayage de la clairière et voir où étaient les ennemis comptant rapidement les forces en présence.
Retirant deux couteaux de lancer de sa ceinture il visa deux gobelins situés près d’Ayïuel et n’attendant pas de savoir si les deux couteaux avaient touchés, il fit un roulé boulé vers une partie de la clairière où se trouvaient plusieurs vermines piaillant et gesticulant de manière désordonné.

Alors qu’il se dressait pour leur faire face il sentit plusieurs douleurs tandis que s’enfonçait dans ses chairs des pointes dans ses jambes et dans son dos. Faisant fi de la surprise et de la douleur lancinante des muscles blessés par les projectiles il balaya d’un mouvement circulaire de sa lame dans le groupe de gobelin tranchant l’un deux complètement et entrant profondément dans le suivant la lame se bloquant dans le corps du monstre entre les os et les viscères. Alors que d’un violent coup de pied il dégageait sa lame une autre des petites vermines venait de lui enfoncer dans la cuisse une petite dague, lui faisant plier la jambe et poser le genou au sol. Posant la main sur le sol pour ne pas s’effondrer Gerrit grogna de douleur le sang chaud coulant sur sa jambe lui rappelant qu’il devait tout faire pour qu’Ayïuel puisse s’occuper du monstre de roche.
Plantant la lame de son épée dans le sol pour s’en servir comme d’une canne et se relever Gerrit vit en analysant la situation rapidement que ses deux couteaux de lancer avaient remplis leur office. Il se rendit compte que vers Ayïuel il y avait encore 3 gobelins et qu’autour de lui ou dans la portion de la clairière qui était plus proche de lui que du prête il pouvait en voir encore 5 autres.
Celui qui avait planté la dague dans sa cuisse hurlait de sa voix stridente à côté de Gerrit alors qu’il tentait de manière maladroite de la retirer, cherchant comment attraper la garde sans risquer que Gerrit ne le capture ou ne le blesse.

Ayïuel voyait par les yeux de son golem de végétation, il frappait par ses poings. Le monstre de roche semblait ébranlé par tous les coups qu’il prenait mais pourtant il ne lui semblait pas voir apparaître de dégâts sur le corps et il ne comprenait pas où pouvait se trouver le point faible du monstre. N’étant pas totalement déconnecté de ce qui l’entourait il vit tomber deux gobelins victimes de couteaux de lancer.
La puissante silhouette de son golem fondit sur le monstre de pierres à nouveaux, les coups pleuvant. Mais le golem de roche ne semblait pas ciller et ne semblait pas sentir les coups.
Dans un appel silencieux et désespéré Ayïuel pria sa déesse de lui venir en aide pour terrasser le monstre qui leur faisait face.
Une vapeur verte et or s’échappa de son corps se dissipant dans l’air et s’engouffrant dans les branches de la végétation environnante.

Gerrit ressentit à nouveau les piqures désagréables et douloureuses qu’il avait déjà senti quelques minutes auparavant, n’arrivant pas à se relever, il vit que l’une de ces piqures était du à une flèche plantée dans son flanc, tirant dessus pour la faire sortir, le barbillon de la pointe arracha des chairs qui le firent grimacer de douleur, ces petites vermines commençaient à devenir désagréable. Au prix d’un effort surhumain il se campa sur ses deux jambes, la main tenant son épée la maintenant plus qu’elle ne la portait. Se demandant pourquoi il se sentait si faible il imagina que soit les multiples blessures étaient en train de le vider de son sang, soit que ces petits monstres sans cervelle avaient enduits leurs armes d’une substance empoisonnée.
Attrapant encore un couteau à sa ceinture il visa et le lança de manière imprécise ratant totalement sa cible, et l’envoyant se perdre dans les herbes hautes.
Les deux gobelins les plus près de lui approchant avec des petits glaives en main, il tenta de faire front, lançant sa lame dans leur direction, manquant perdre l’équilibre et ressemblant à un homme saoul dans ses mouvements.

Ayïuel entendit la nature s’éveiller, des arbres qui se trouvaient à porter du golem de roche commencèrent à faire pleuvoir sur lui des coups de leurs branches les plus lourdes et les plus épaisses. Tous les arbres tentant de toucher ce qui ressemblait à une minuscule fée, Ayïuel bien peu habitué ces dernières années à des rencontres de ce genre compris que le monstre devait avoir un point faible et qu’il était probable que ce point faible se situait à cet endroit là, dirigeant son golem végétal il le fit s’approcher du monstre de roche suffisamment près pour lui asséner un fantastique coup qui écrasa la forme reposant sur ce qui devait ressembler à un crane, un son retentissant de déchirure emplit la clairière alors que le corps du monstre semblait se fissurer de part en part et qu’il s’effondrait dans un fracas épouvantable. C’est à ce moment là qu’Ayïuel sentit les pointes des glaives rentrer dans ses chairs et que la douleur le sortit de sa concentration, son golem végétal s’effondrant en un amas informe de lianes et de racines sans vie.
Hagard de son réveil brutal Ayïuel tenta de se relever rapidement cherchant Gerrit du regard.
Il le fit tomber à genoux, couvert de sang 5 gobelins dansant et gigotant autour de lui comme autour d’un feu rituel au soir d’une cérémonie macabre.
Se retournant il fit face à ses deux agresseurs tenant leurs glaives ensanglantés dans leurs mains fines et poilues.
Ayïuel planta son bâton dans le sol en sifflant entre ses deux des paroles inaudibles et des serpents jaillirent de sous son baton s’avançant de manière menaçante vers les deux gobelins qui se mirent à paniquer sautillant d’un pied sur l’autre comme si cela suffirait à éloigner leurs agresseurs reptiliens.

Gerrit à genoux n’arrivait plus à tenir sa tête relevée, il ne comprit pas ce qui se passait autour de lui et ne sut jamais pourquoi les gobelins avaient cessés de le harceler.
Ayïuel qui s’était retourné pour prêter main forte à son compagnon vit un sanglier qui venait des sous bois et qui faisait voler les gobelins à grand coups de cornes et de dents acérés, ruant, se précipitant et réduisant en charpie les 5 derniers agresseurs.
Il courut vers Gerrit pour voir l’étendue de ses blessures et remarqua qu’il ne semblait pas aussi lourdement touché que ne le laissait entendre son état physique déplorable.
Prenant son bras par dessus son épaule il l’entraina en direction des chevaux qui s’étaient réunis dans un coin de la clairière.
Les serpents ayant mordus leurs proies et les ayant tués, avaient disparus dans la nature retournés à leur milieu naturel. Quand au sanglier, il mangeait des morceaux de gobelin totalement désintéressé d’Ayïuel  et de son compagnon.
Ayïuel fit grimper Gerrit sur son cheval tant bien que mal, l’attacha avec les rennes comme il le pu, grimpa lui même sa monture et entraina celle de Gerrit à sa suite en direction de leur campement.

Venez réagir sur le forum

La malédiction de Nishram - Episode 16

L’embuscade au pied des montagnes

Loart ne cessait de sortir de sa tente pour se rendre à celle du shaman et voir si son état s’améliorait, maudit humain pensait il, sa seule force magique était désormais allongée sur une couverture et son état actuel le mettait plus proche d’un état de débilité profonde que de celle d’un magicien en pleine possession de ses moyens. Comment pouvait-il trouver une solution, et ces racailles humaines qui l’accompagnait et qui restaient à l’écart du campement.
A cet instant il eu une idée, sortant comme une furie de la tente il heurta un jeune orque qui amenait un peu d’eau chaude et un chiffon mouillé pour soulager le shaman, le renversant tant et si bien que l’eau se déversa sur lui et qu’il se retrouva avec le linge sur la tête sans bien comprendre ce qui venait de lui arriver.

Loart s’approcha du campement dissident, saluant deux hommes en armes que les humains avaient postés espérant probablement qu’ils effraieraient les peaux vertes et les empêcheraient de venir les massacrer si l’envie leur en prenait. La plupart des humains étaient encore debout autour d’un feu central assez conséquent, hommes et femmes regardèrent approcher l’orque apeurés.

- Vous n’êtes pas sans savoir que notre shaman a subit un sortilège et qu’il est actuellement dans un état très grave. C’est pourquoi nous nous sommes arrêtés ici afin de voir ce qu’il était possible de faire. Je voulais savoir si dans la masse d’incapables que vous représentez il n’y aurait pas un ou plusieurs pratiquants de la magie qui pourraient peut être soigner ou aider à faire reprendre ses capacités à notre shaman ?
- Moi je peux vous aider, mais vous ne m’avez rien demandé…

Une jeune femme au regard plein de défi et qui ne semblait nullement impressionnée ou effrayée par l’orque se leva. Elle portait une tunique sombre faites dans ce qui semblait être un riche velours travaillé sur lequel d’innombrables fils d’or, formaient des entrelacs et des symboles dont l’orque ignorait toute signification, mais ce qu’il savait c’est qu’en effet cette jeune femme semblait ressembler à l’idée qu’il se faisait des magiciens humains, les autres personnes réunis autour du feu de camp tournèrent la tête vers les flammes comme si elles avaient le pouvoir de faire tourner les talons à l’orque et de le faire retourner dans sa partie du camp.

- Venez avec moi, Orgul semble bien mal en point et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps ici pendant que Gerrit et sa troupe avancent en direction des montagnes. Avancez en direction de la tente pourpre située près du feu, je vais venir vous y rejoindre dans quelques minutes.
- Bien Monsieur, il sera fait selon vos ordres. La jeune femme fit une révérence obséquieuse à l’orque ses lèvres légèrement recourbées en un sourire d’ironie et de mépris, puis elle prit la direction indiquée par l’orque dans l’autre partie du campement.

L’orque se retourna vers le feu, et certains des hommes réunis qui l’avaient encore dans leur champ de vision retinrent leur souffle. L’impressionnante masse de l’orque en imposait déjà quand en plus on rajoutait sa cruauté et sa totale absence de remords on avait vite fait de se méfier de ses réactions rapides et souvent expéditives. Le silence qui n’était habité que par le crépitement des flammes qui léchaient les branches à la lueur de la lune semblait faire peser sur la scène un poids supplémentaire attendant un dénouement proportionnellement inverse en bruit et fureur.

- Où se trouve Kardini ! J’ai une mission urgente à lui confier et je n’arrive pas à le trouver. Faites le moi chercher immédiatement.
- Je vais le chercher tout de suite seigneur Loart.

Un homme fluet se leva d’un bond de sa place auprès du feu et parti d’un pas empressé en direction des tentes les plus reculés jetant des regards apeurés en arrière en direction de l’orque s’attendant à chaque seconde à ce qu’il ne se mette à décapiter ou à trucider ses compagnons. Lorsqu’il fut hors de vue de l’orque, il ralentit la cadence, cherchant des yeux si il pouvait trouver le dénommé Kardini, un bien étrange personnage qu’il n’avait jamais vu avant le départ d’Horalie mais dont il avait déjà bien souvent entendu parler, il n’était d’ailleurs pas spécialement rassuré d’être dans cette partie du campement à sa recherche dans la pénombre entouré de tous ces recoins sombres, mais il préférait encore affronter ses peurs que l’orque qui devait probablement être fou de rage.
Il n’entendit rien, mais lorsqu’il leva les yeux du sol qu’il regardait pour ne pas risquer de trébucher il sut que l’homme qu’il cherchait se trouvait dans les parages, une odeur étrange accompagnait cet homme qui semblait tellement furtif que parfois il s’était demandé si ce n’était pas une illusion plus qu’un être humain.

- Kardini ? Est ce vous ? S’il vous plait, Loart cherche après vous pourriez vous venir auprès du feu ?

Une voix qu’on aurait dite sorti d’une tombe résonna comme si il était entouré de plusieurs personnes parlant en même temps, le frisson de terreur qui le parcourut lui fit hérisser les poils de tout le corps, et ses dents se mirent à claquer à son insu.

- Va dire à Loart que je le retrouverais devant la tente de son shaman quand il me plaira, et que pour le moment il ne me plait pas, et surtout dis lui que ça ne sert à rien de me chercher car il n’est pas capable de me trouver si je ne le veux pas. Dis lui enfin…
- Qu’il me dise quoi ? Espèce de sale petit égocentrique ? Tu ne crois pas que tu as surestimé tes capacités peut être ? J’ai enfin une mission pour toi, et je dois reconnaître que tu es le seul à pouvoir la mener à bien, je désire que tu prennes la route tout de suite pour rattraper Gerrit et son groupe avant qu’ils ne commencent à gravir les montagnes puisque je ne sais pas pour combien de temps Orgul sera couché en train de se battre contre le sort qu’il a reçu et que je ne veux pas qu’ils prennent une trop grande avance.
- Et qu’est ce qui te fait croire que je vais accepter de faire ça pour toi ?
- Parce que notre commanditaire t’a demandé de travailler pour moi sans poser de questions et que je ne pense pas que tu veuilles lui désobéir est ce que je me trompe Kardini ?

La voix sépulcrale émit un simple acquiescement presque inaudible. Le froid qui régnait depuis quelques minutes semblait ne pas vouloir quitter cette partie du campement, et l’homme qui était venu depuis le feu de camp trouvait que l’ambiance était pesante et étouffante. Se fondant dans les ombres alentours il entreprit de laisser les deux autres régler leur différent et d’un pas rapide il quitta l’endroit pour retourner vers la chaleur du feu de camp et la chaleur humaine des autres membres de leur équipé.

- Loart lorsque notre mission sera terminée surveille tes arrières, je ne serais pas étonné qu’un jour tu te retrouves avec un couteau planté entre les omoplates. Combien me donnes-tu d’hommes pour m’accompagner dans cette mission ?
- Voyons un novice de Lombra comme toi ne devrait avoir besoin de personne pour l’accompagner n’est ce pas ?

L’orque découvrit un sourire narquois aux dents exagérément pointues et brillantes dans la noirceur ambiante. Se tournant dans la direction où se trouvait l’homme qui paraissait invisible, la lune se reflétant dans ses yeux injectés de sang il lui indiqua par ce geste qu’il savait exactement où il se trouvait et qu’il ne le craignait absolument pas. Malgré son statu, son expérience et ses compétences, l’homme ne pu réprimer des frissons qui descendirent de sa nuque le long de sa colonne vertébrale et qui l’incommodèrent.

- Va petit homme prend autant d’humains qu’il te plaira de toute façon ils ne font que me ralentir et lorsque nous aurons atteint les montagnes nous n’aurons probablement plus besoin de tous ceux que mon commanditaire m’a demandé d’emmener, d’ailleurs tu ne me feras pas sortir de l’idée que tous les pétochards dans le genre de celui qui m’a mené ici ont été liés à cette mission dans le seul but de nettoyer un peu Horalie de toute cette engeance. La seule que tu ne pourras pas emmener c’est la magicienne qui est actuellement au chevet d’Orgul ou qui ne devrait pas tarder à l’être, elle aura besoin d’être présente ici plusieurs heures j’imagine et je souhaite que tu partes préparer cette embuscade dans les plus brefs délais, d’ailleurs maintenant serait idéal… Tu as carte blanche sur l’équipement, les hommes et les montures.
- Merci  Loart, je prendrais 5 hommes avec moi comme tu le dis je prendrais cette chair à canon tout juste bonne à se faire tailler en pièce par ceux que nous poursuivons, ils me seront utiles pour monter mon embuscade et pour accomplir ma mission.
- Kardini ne t’y trompe pas, je ne te demande pas de tuer Gerrit et ses hommes, je pense que tu n’en serais pas capable seul, même accompagné de 5 hommes, voir de tout le campement, tu ne le connais pas et tu ne sais pas de quoi il est capable… Non par contre je veux que tu fasses tout ton possible pour les ralentir, les retarder, afin que nous puissions rattraper notre retard et leur tomber dessus dans les montagnes, est ce que tu as bien compris ? Et de grâce évite de te faire tuer tu es d’une grande utilité, et je dois reconnaître qu’aucun de mes hommes ne peut rivaliser avec tes talents, alors fait en sorte de ne pas mourir ou je peux t’assurer que je demanderais à Orgul de te ressusciter pour avoir le plaisir de te tuer de mes propres mains. As-tu bien compris ?
- Oui Loart, ne t’en fais pas je ne suis pas suicidaire, mais si je peux en tuer quelques uns, je ne leur ferais pas de cadeau.
- Dernier détail et d’importance, notre commanditaire souhaite que les trois vierges arrivent à destination, ne me demande pas pourquoi. Toujours est-il que tu ne dois sous aucun prétexte en tuer une ou en laisser tuer une.

Tournant les talons et n’attendant pas la réponse de l’humain, l’orque retraversa le campement aussi rapidement qu’il l’avait fait quelques minutes auparavant, s’arrêtant près de la jeune femme qui attendait devant la tente du shaman.

- Je veux que tu fasses ton possible pour l’aider à se soigner, je ne doute pas une seconde qu’il soit en train de le faire, mais j’ai peur que ça ne prenne trop longtemps. Dis moi ce que tu peux faire et dans combien de temps il sera à nouveau apte à chevaucher.
- Bien seigneur Loart, qu’il en soit ainsi. La jeune femme fit une rapide révérence et se faufila sous la toile de tente, regardant l’orque allongé face à elle et semblant en proie à des visions et des douleurs qui le faisaient tressauter sur la couverture sur laquelle il reposait.
- Medicanalys entonna la jeune femme en faisant passer ses mains au dessus du corps allongé, et les passant et les repassant comme si elle enduisait le corps d’un quelconque liquide. La peau du shaman se mit à briller lentement, des volutes carmin s’en échappant comme si son corps était en fusion et que la vapeur dégagée par la chaleur sortait par tous les pores de sa peau.

Quelques secondes après, la jeune femme ressortait de la tente, en sueur, elle s’appuya sur l’un des piquets en bois qui maintenant la toile tendue et debout. Relevant une manche de sa robe, elle épongea son front regardant l’orque qui attendait qu’elle lui donne son rapport.

- Alors femme qu’en est il !
- Et bien Orgul a de la chance d’être encore en vie, disons qu’il a de la chance de ne pas être mort plutôt, parce qu’il ne s’en est fallu que de vraiment très peu, il va devoir subir au moins un sort de soin par heure et une potion toutes les demi-heures et ceci jusqu’au lever du soleil si il veut au moins tenir à cheval suffisamment bien pour que nous ne soyons pas trop ralentis. Par contre il va se poser un problème, en effet nous allons presque passer un tiers de nos réserves de potions pour le soigner et
- Suffit femme, il n’est pas question de rogner sur les soins à lui apporter, nous prendrons ce qui sera nécessaire à sa totale rémission ! Je t’ordonne de faire le nécessaire afin de commencer les soins tout de suite !
- Je ne vous ai pas attendu et il a déjà reçu une potion et le premier sort, mais je vais devoir me reposer un peu si vous pouviez lui administrer la potion suivante.
- Je le ferais comme tu le désires.

Loart entendit les bruits des sabots de Kardini et de ses hommes, il entendit siffler un objet dans sa direction et ses réflexes lui permirent de l’attraper en vol avant qu’il ne le touche.
Il porta ses yeux sur l’objet et reconnaissant l’un des poignards de Kardini il fit un rictus à mi  chemin entre le sourire crispé et l’énervement face à l’insubordination de cet homme, il faudrait qu’il s’en débarrasse avant la fin de la mission d’une manière ou d’un autre si il voulait avoir l’esprit plus tranquille.

Kardini chevaucha avec ses hommes pendant près de deux jours en droite ligne tentant de se couvrir aux regards de ceux qui pourraient les croiser, son statut de Novice lui accordait des pouvoir lui venant de sa déesse, et durant toute leur équipée il ne cessa de faire appel à ceux ci afin de se rendre invisible ou difficilement remarquable. Lors de la première journée il aperçu plus loin sur la plaine une colonne de chevaux qui n’allaient pas aussi vite qu’eux et qui faisait virevolter un nuage de poussière dans leur sillage les rendant visible de loin. Kardini au vu du nombre de cavaliers était sur que c’était Gerrit et ses hommes et il fit accélérer ses propres compagnons afin de semer ces chevaux pour arriver aux montagnes le plus rapidement possible. La seconde journée ne leur apporta que lassitude et fatigue alors que s’étalait sous les pas de leurs chevaux la plaine morne et répétitive, seul la montagne qui se rapprochait et qui remplissait désormais totalement leur champ de vision leur permettait de se rendre compte de l’avancée de leurs montures et les rassurait qu’ils n’étaient pas prisonnier d’un instant en suspens dans le temps qui se répétait inlassablement. Alors qu’ils approchaient de la montagne il cru voir une forme gigantesque voler au dessus de la chaine montagneuse, mais la fatigue de leur chevauchée quasi-ininterrompue lui paru une explication plus plausible étant donné qu’il n’avait jamais entendu parler d’un dragon ou d’une bête dans le genre qui vivrait sous cette chaine de montagnes.
Il dirigea ses hommes en direction de la naissance de la piste qui était la seule à permettre la traversée de ces reliefs en direction de la destination de la caravane de Gerrit.
Utilisant ses pouvoirs il parvint à dissimuler toutes les traces de leur passage à mesure qu’ils avançaient sur la piste en direction d’un endroit propice à monter l’embuscade qu’ils devaient faire, après deux heures de cheminement sur les lacets du sentier escarpé, ils arrivèrent devant un terrain accidenté aux multiples cachettes et aux possibilités importantes. Mettant pieds à terre il ramassa une petite branche et commença à tracer dans la poussière du chemin le décor qui les entourait afin de mettre sur pieds un plan avec ceux qui l’accompagnaient.

Si tout se passait comme il l’imaginait déjà Gerrit risquait de subir de lourdes pertes dans un tel lieu…

Venez réagir sur le forum

 

La malédiction de Nishram - Episode 15

La naissance du mal

A cette époque, la magie était connue, pratiquée, mais la vraie magie, la magie puissante était entre les mains d’une poignée de personnes. Ces hommes et ces femmes vivaient en vase clos, n’acceptant comme membres que des êtres exceptionnels ayant fait la preuve de pouvoirs magiques puissants et de talents particuliers. Ils avaient grâce à leur pouvoir construit une cité du nom de Spiralia, dans laquelle ils s’adonnaient à leurs recherches sur les domaines de la magie, ainsi que sur la connaissance, leur puissance était telle que jamais ils n’eurent à subir de siège ou à être la cible d’adversaires. Ils accumulaient richesses, connaissances et gloire, car dans tous les royaumes, ceux qui avaient les moyens faisaient appel à eux pour régler leurs petits différents territoriaux ou leurs conflits armés.
Au sein de cette communauté, vivait un homme du nom d’Aristin Sercator dont l’ambition était sans limite, il était l’un des découvreurs de nombreux secrets de la magie, et convoitait le trône de la cité de Spiralia qui était détenu par le doyen des mages de la congrégation tel que l’en avait décidé le conseil des sages à la construction de la cité. Mais il désirait que cette règle ne change à son profit et qu’il puisse enfin faire évoluer ce qu’il estimait être la plus puissante force magique au monde dans le sens de ses ambitions personnelles souhaitant laisser au travers des âges la trace de son nom et de son œuvre.
Or il advint qu’un matin de printemps, ayant trop longtemps attendu son heure Aristin Sercator décida qu’il devait utiliser ses incommensurables pouvoir pour évincer ceux qui l’empêchait d’atteindre le trône et le pouvoir, non pas le pouvoir magique qu’il possédait déjà, mais le pouvoir de décision, de commandement.
Ce matin là…

- Seigneur Sercator, le doyen désire s’entretenir avec vous à propos de votre implication dans la chute du royaume du roi Apolius. Il vous demande de le rejoindre dans la salle des secrets afin que votre entretien reste confidentiel mais il exige de savoir quelles étaient les termes du marché qui vous a lié à cette histoire.
- Dis au doyen que je l’y rejoindrais mais que pour l’heure j’ai encore une expérience à terminer, ne vois tu pas que ce sang de dragon risque de bouillir si je ne suis pas parfaitement concentré à ce que je fais, aller va t’en maintenant, et n’oublie pas, j’irais mais je dois terminer ici quelques préparations concernant une possible découverte dont je donnerais la primeur au doyen.

Le jeune messager jeta un regard apeuré à la fiole que le magicien avait désigné comme du sang de dragon, et sorti en trombe sans demander son reste, ne s’arrêtant que lorsqu’il estima que si le sang bouillait et explosait il ne subirait plus de dégâts du à l’explosion.
Sercator souriait, arrêtant la potion qui frémissait sur son alambic, et traçant quelques runes complexes ouvrit un pan de mur dans son laboratoire qui donnait sur un passage ténébreux au fond duquel une lumière vacillante indiquait une pièce éclairée par des bougies.
Après avoir vérifié que personne ne pouvait le voir il s’engouffra dans le passage et lorsque les ténèbres l’eurent englouti, le passage se referma.

Il s’approcha d’une petite table toute simple sur laquelle reposait une fiole faite d’un cristal très pur qui semblait faire jouer toutes les lumières de la pièce de manière hypnotique. Il la prit et la rangea dans une poche intérieure de sa robe de mage, enfin aujourd’hui il allait avoir l’occasion de mener son plan à exécution, il ne se rappelait plus depuis combien de temps il s’y était préparé, peut être depuis que dans les ruines d’ARK-SOL il avait mis la main sur un très vieux grimoire, plus ancien que ce qu’il avait eu dans les mains de toute sa vie, et qui contenait divers enchantements et potions extrêmement complexes mais aussi terriblement puissants. Il lui avait fallu près de 6 longs mois pour réussir la décoction qui se trouvait dans la fiole, mais le jeu en valait la chandelle. Il s’approcha du grimoire et relu une dernière fois les dernières choses à accomplir, puis lorsqu’il eu terminé de mémoriser les instructions, il referma le livre et souffla les bougies de la pièce se retrouvant dans le noir profond.

- Lumicorpus

Une douce lumière ambrée entoura le corps du magicien, qui se rendit vers l’alcôve qui menait sur la pièce principale de son laboratoire, arrivé devant le mur et avant de l’ouvrir, il s’arrêta et incanta à nouveau.

- Oculasoli

Devant son regard le mur disparu lui permettant de regarder son laboratoire comme si la pierre n’existait pas, et n’avait jamais existée. Il observa quelques secondes cherchant le moindre mouvement ou la moindre présence étrangère, et lorsqu’il fut rassuré, il retraça dans les airs les runes complexes qu’il avait faites pour ouvrir le passage. Puis il sortit de l’ombre, et se rendit d’un pas assuré, et calme vers la salle des secrets afin d’y rencontrer le doyen et peut être enfin en cette belle journée ensoleillée, de commencer à accomplir sa très haute destinée.

Il saluait tous les mages de la communauté qu’il croisait tout en les jugeant intérieurement.

- Toi trop amoureux de la vie, toi trop incompétent, toi tu seras dans ma garde proche, toi je te ferais écarteler ou bouillir peut être, toi tu es insignifiant mais je ne peux pas me permettre d’en perdre trop, toi tu ne seras jamais mis dans le secret tu es trop imbibé d’alcool.

A mesure qu’il se rapprochait de la salle des secret Aristin se rendit compte qu’il allait avoir de grandes difficultés à faire appliquer sa politique, mais que même si la communauté se trouvait quelque peu amputée de quelques membres, vu ce qu’il avait prévu pour recruter de nouveaux membres, il n’y aurait pas de problème à renouveler tous ces vieux rabat-joie par du sang neuf.
Aux portes de la salle des secrets les deux mages qui gardaient celle ci le saluèrent et s’écartèrent devant ses pas lui indiquant que le Doyen était déjà présent et qu’il attendait sa venue avec impatience.
Les saluant en retour il s’approcha de la porte et levant la main dans un signe de paix celle ci s’ouvrit dans un bruissement à peine audible les lourdes portes en bois pivotant avec facilité pour lui laisser le passage.
Regardant le fronton du bâtiment il ne pu réprimer une sourire et s’enfonça sous l’arche de pierre qui portait la mention.
« Amis en ces lieux seul ceux qui sont avec toi peuvent partager tes secrets, et jamais personne ne saura ce qui aura été échangé ici. »

Aristin s’arrêta devant la grille qui fermait une pièce de laquelle une douce lumière rosée émanait. Les lourdes portes se refermèrent puis la grille se releva afin de le laisser passer, et lorsqu’il eu fait les quelques pas qui le menèrent dans la pièce celle ci s’abaissa à nouveau le laissant seul dans le silence de la pièce qui n’était meublée que de quelques chaises et bancs et où une silhouette courbée dans un des angles semblait être la seule vie présente.

- Bonjour Aristin je t’attendais, le doyen s’approcha de lui les bras grand ouverts dans un mouvement d’accolade.

Aristin le prit dans ses propres bras, et tandis qu’ils se donnaient l’accolade, la fiole se retrouva débouchée dans sa main, et de la pointe de ses doigts il coupa quelques cheveux du doyen qui tombèrent dans la fiole avec une incantation silencieuse. Puis la fiole redisparu aussi vite qu’elle était apparue.

- Comme tu le sais mon cher Aristin, nous avons des problèmes dans la communauté, certains se plaignent de ton comportement, mais là n’est pas la question aujourd’hui.
- Si là est toute la question au contraire, sais tu depuis combien de temps je suis membre de la communauté ? Certains de ces personnes qui me dénigrent n’étaient même pas nés ! Je suis une pièce essentielle ici, et pourtant il semble que tu fasses plus cas de ce qu’ils ont à dire que moi.
- Tu es injuste Aristin, je ne prends pas position dans ces rapports conflictuels, mais force est de reconnaître que certains d’entre eux m’ont rapportés des fait, et que les preuves sont contre toi, ce grimoire qui a disparu, je sais que tu m’as déjà juré que tu n’y étais pour rien mais hélas aujourd’hui ta parole ne me suffit plus, je dois te demander d’accepter que je te questionne magiquement. Comme tu le sais ce n’est qu’une formalité et tu ne peux t’y soustraire, mais je préférerais tout de même que tu le fasses de bonne grâce.
- Je refuse d’être traité comme un voleur et un criminel. Avant toute chose puis je boire un peu avant de subir ton interrogatoire ?
- Montre-moi ce que tu désires boire, tu sais que je ne peux accepter cette faveur, mais s’il s’avère que la boisson n’est pas interdite, je veux bien te faire cette fleur au nom de notre longue et fructueuse collaboration.

Aristin sortit la fiole en cristal qu’il déboucha devant le doyen. Celui ci l’observa puis avec une agilité surprenante vu son grand âge et sa manière de se tenir il survola plusieurs fois la fiole de ses doigts traçant des symboles complexes qui illuminèrent de plusieurs couleurs différentes le contenu translucide dans lequel rien ne flottait. « Liquidanalys » psalmodia le vieil homme alors que les derniers mouvements de ses doigts semblaient achever leur ballet complexe.

- Je vois que tu n’essayes pas de te soustraire à tes obligations Aristin, je t’autorise à boire cette fiole d’eau.
- Merci grand Doyen, j’accepte l’interrogatoire que tu veux me faire subir.

Puis Aristin porta la fiole à ses lèvres et en bu la totalité du contenu le plus rapidement possible. A mesure qu’il buvait il sentait que son âme et celle du doyen étaient en train de se lier de manière inextricable, et il sentit qu’il avait l’ascendant suffisant pour commander et diriger le corps et l’esprit de l’homme qui se trouvait en face, après quelques essais infructueux qui ressemblaient aux tâtonnements d’un enfant qui commence tout juste à marcher, il réussit à faire agir le doyen et lui faire lancer des sorts de manière convenable.
La concentration nécessaire pour diriger le corps et l’esprit du doyen était finalement très légère comme l’avait indiquée le grimoire dans lequel il avait trouvé la formule.
Seulement deux heures après le début de l’entretien il était capable de continuer d’agir normalement tout en ayant un contrôle total et profond sur le Doyen.

- Voyez vous Doyen il y a des choses que même vous n’avez pas connaissance, et ces choses seront votre perte, mais surtout elles seront le renouveau de notre communauté, nous serons ainsi plus puissants et plus influent que nous ne l’avons jamais été. J’aimerais tant que vous puissiez vous rendre compte de ma victoire lorsqu’enfin nous aurons atteint mes objectifs mais il semble que votre âme soit en repos pour une très longue durée qui pourrait s’avérer être une éternité…

Aristin laissa échapper un rire sardonique, il devait se méfier pendant quelque temps afin de vérifier son total contrôle sur le Doyen, de même qu’il ne devait pas donner la puce à l’oreille des membres de la communauté par un changement trop rapide et radical de politique pour aller dans son sens, mais Aristin connaissait la subtilité, et la diplomatie, il savait comment faire bouger les choses pour lui et allait justement commencer aujourd’hui même.

Il s’approcha de la grille qui se releva et comme le rituel le voulait il sortit entre la grille et la porte attendant que la première se ferme pour que s’ouvre la seconde. Il sortit le premier comme il était de tradition de le faire, saluant à nouveau les mages qui gardaient la salle et repartit d’un bon pied en direction de sa demeure, sur le chemin il ressentit le Doyen sortant de la pièce et se rendant à celle du conseil où les autres vénérables l’attendaient pour faire un point sur les révélations que venait de faire Aristin dans la salle des secrets.

Le doyen de son pas mal assuré et trainant sortit de la pièce et claudiqua jusqu’au conseil semblant presque pressé, arrivé à celui ci il salua les autres membres et s’installa à la place qui lui était dévolue.

- Mes chers amis, j’ai eu une discussion avec Aristin dans la salle des secrets.

Des murmures et des commentaires fusèrent entre les membres du conseil étonnés.

- Vous n’êtes pas sans savoir que certains d’entre vous ici présent l’ont accusé de bien vils méfaits et du vol d’un précieux et très ancien grimoire trouvé dans les ruines d’ARK-SOL, je peux vous assurer en ma qualité de Doyen de cette communauté que ces accusations sont non fondées, je souhaiterais que les accusateurs fassent publiquement leurs excuses à notre bien dévoué membre et je désirerais qu’en compensation des graves préjudices à son honneur résultant de cette affaire il devienne un membre permanent de ce conseil. Vous savez que je ne vous demanderais pas tout cela si je n’étais sur qu’Aristin est un membre honorable de notre communauté, et je m’en remets à vos votes éclairés pour cette requête.

Lorsque le conseil vota un homme chez lui devant son alambic dans lequel bouillait à nouveau un liquide carmin, et lorsque le résultat fut annoncé au Doyen, un sourire immense envahit son visage, maintenant qu’il était membre du conseil il pourrait enfin commencer son travail de fond et rénover cette institution pour en faire ce qu’elle aurait toujours du être, et il lui faudrait aussi désormais trouver le nécessaire pour la suite de son plan ce qui risquait d’être long et difficile…

Venez réagir sur le forum

La malédiction de Nishram - Episode 14

L’attente interminable

Loart chevauchait sous les arbres,  il avait ordonné à Argan de faire fouiller et détrousser les cadavres mais il savait pertinemment que Gerrit n’était pas du genre à avoir laissé des choses intéressantes derrière lui. Il sourit en pensant qu’il se rapprochait de lui et son index ne pu s’empêcher de passer sur la cicatrice qui barrait sa gorge et qui lui rappelait une bien mauvaise nuit, où son commanditaire l’avait une fois de plus mal renseigné, à croire qu’il était abonné à des commanditaires incompétent. Il se gratta la tempe et se promit qu’une fois réglé son histoire avec ce petit homme insignifiant, il prendrait ses aises et s’installerait quelque part où il ferait faire le sale boulot par d’autres. Il arrêta son cheval et appela Orgul à ses côtés, l’orque plus trapu à la peau couverte de scarifications et de tatouages s’approcha de Loart sur son cheval, sa main gauche tenant fermement son bâton où pendait de nombreuses petites bourses et divers objets.

- Orgul, j’ai besoin que tu me trouves un chemin plus court que le leur pour rejoindre le pied de la montagne avant eux. De préférence suffisamment loin de leur propre route, et sans dangers insurmontable par cette bande de bras cassés.
- Seigneur Loart pour ce faire je dois mettre pieds à terre et je risquerais de vous faire perdre un temps précieux, programmons le rituel pour ce soir si vous le voulez bien ? En attendant je peux tenter de suivre à distance la caravane qui nous précède au cas où nous devions continuer à découvert ?
- Voilà une bonne idée mon vieil ami, tu as toujours des propositions qui ne manquent jamais d’intelligence, fait donc comme tu me l’indiques et reprenons la route nous avons probablement encore un long chemin à accomplir.
- Bien Seigneur Loart.

L’orque s’inclina sur sa monture dans un salut et reprit sa place dans le groupe de cavaliers.
Il prit une des petites poches pendue à son bâton, et en sortit un petit globe oculaire du bout de ses doigts griffus. Plantant le globe oculaire sur l’ongle de son index droit il articula des paroles gutturales le globe se mit à rougeoyer puis il se détacha de l’ongle et se mit à léviter devant le visage du shaman. L’œil devint translucide et se mit à grossir puis il se mit à léviter et traversa la cime des arbres en direction présumée de la caravane les précédant, l’orque dodelinait de la tête semblant être pris dans une transe les yeux révulsés la blancheur de ceux ci contrastant terriblement avec la couleur sombre de sa peaux.
Loart qui connaissait le sortilège employé fit ralentir ses hommes afin de  ne pas brusquer le shaman concentré dans sa transe et qui il le savait allait par moment donner des informations sur l’avancée de ceux qu’ils poursuivaient.
Tout semblait se passer comme il l’avait déjà observé Orgul par moment donnant de précieuses indications au groupe qui n’avait finalement plus qu’à suivre ceux ci en lieu et place des traces laissées par la caravane les précédant.

Lazareus utilisant toujours son sortilège magique ne trouvait plus rien à surveiller à l’avant poste où se trouvait déjà Illuël, c’est pourquoi ne voulant pas gâcher celui ci et songeant à l’attaque qu’ils avaient eu à déplorer en ville avant le départ le fit revenir vers la caravane, persuadé que les brigands rencontrés dans la forêt avaient quelque chose à voir avec toute cette affaire il commença par surveiller les flancs, et ce n’est que lorsque le sortilège était sur le point de se dématérialiser qu’il se rendit compte qu’un sort presque similaire se trouvait à quelques distances derrière eux. Simulant une fausse confiance en lui, il fit disparaître son propre sort et se penchant sur la bride de son cheval afin de cacher ses mains il fit des gestes rapides avec ses doigts murmurant quelques paroles alors que retournant sa main gauche paume vers le ciel il vit apparaître l’information qu’il attendait dans un symbole de couleur vert relativement foncé, et semblant représenter un animal courbé s’appuyant sur un bâton. Laissant le sortilège disparaître il partit rejoindre Gerrit afin de lui parler de ce qu’il avait vu, celui ci occupé à regarder le soleil en train de décliner était en grande conversation avec Dunrad ne s’entendant pas quand au moment de cesser d’avancer afin de trouver un endroit convenable pour s’installer au moins pour la nuit.
Lazareus s’approcha assez furtivement, et lorsqu’il fut à portée de son sort il posa un index sur ses lèvres comme pour demander le silence tout en enveloppant dans un mouvement rapide du poignet Gerrit et lui même dans un geste qui fit apparaître une trainée lumineuse avant de la remplacer par une zone sombre les entourant tous les deux. Dunrad qui venait de voir la scène continuait à vanter les mérites de continuer jusqu’à la nuit tombée, mais n’entendant plus Gerrit il s’arrêta bientôt de parler jugeant qu’il n’était pas raisonnable de perdre son temps à donner des arguments alors qu’on ne donnait plus signe indiquant qu’on l’entendait encore lui aussi, et bougon, il croisa les bras sur sa poitrine, avant de se souvenir qu’il avait encore une petite flasque d’alcool de gnome dans une poche de sa tenue qu’il entreprit de retrouver séance tenante.

- Gerrit nous avons un problème
- Oui nous nous trouvons dans une zone sombre dans laquelle je peux parfaitement voir, et je n’entends plus notre petit ami qui pourtant se trouve très près de moi…
- Non je nous ai entourés de ces sorts afin de discuter sans que l’on puisse nous observer.
- Et pourquoi donc, tu penses que certaines personnes de la caravane sont des menaces ?
- Pas dans la caravane, mais il semble qu’on nous suive, et tout ce que je peux dire c’est que celui qui nous a lancé un sort pour nous observer et nous surveiller est un magicien proche de la nature, peut être sauvage, quelque chose qui se rapprocherait plus d’un shaman qu’autre chose, bien que je sois incapable de te donner ni sa race, ni ses réelles compétences, je sais par contre que la magie employée est une magie rustique et presque animale.
- Tu penses que ce peut être un peau verte ou quelque chose dans le genre ?
- J’en ai bien l’impression en effet, mais je ne sais pas quoi faire, nous avons un avantage désormais c’est que nous savons que nous sommes suivis et surveillés.
- Peux-tu blesser ce sorcier ou ce shaman à distance au travers de son propre sort ?
- Je n’en ai pas les compétences malheureusement, peut être que ton compagnon magicien en est capable par contre. Désires tu que je l’invite dans notre zone sécurisée ?
- Uniquement si ça ne peux pas attirer l’attention de celui qui nous suit.
- C’est tout simplement impossible, en effet une illusion visuelle fait que pour le sort que j’ai identifié, nous ne sommes qu’en train de chevaucher côte à côte.
- Alors invite moi Kilsham que nous puissions voir ce qu’il est capable de faire pour cette affaire.

Lazareus dessina les contours d’un petit morceau de parchemin qui prit forme, se matérialisa, brilla et disparu dans un flash puissant.
Kilsham le nez dans un de ces livres de sorts vit le parchemin apparaître sous ses yeux et dans un mouvement de surprise faillit basculer de cheval. Sur le papier Lazareus l’invitait à les rejoindre dans la zone sombre qui l’entourait lui et Gerrit. Levant le regard il chercha la fameuse zone et la découvrant rapidement il s’en rapprocha jusqu’à y entrer, ce n’est qu’à cet instant que la voix de Lazareus lui parvint.

- Kilsham es tu capable de nous rendre un petit service magique ?
- Heu pardon, je ne suis pas sur de bien saisir ce qu’il se passe ici, et pourquoi avoir crée cette zone autour de vos chevaux ?
- Kilsham intervint Gerrit, nous sommes surveillés, et il se peut que ce soit un peau verte et qu’il soit du genre shaman ou sorcier de tribus, mais il se trouve aussi que Lazareus ici présent ne peut le toucher et le blesser au travers de son propre sort, en es tu capable ?
- Si on me montre le sort en question, je pourrais peut être vous répondre, mais dans l’immédiat je dirais que je ne suis pas plus capable que ça de faire ce que vous me demandez…

Lazareus pointa le globe qui rendait les choses derrière lui légèrement flous et lui expliqua ce que son sort de détection lui avait indiqué.

- Oh je vois, voilà un petit curieux qui mérite une leçon je crois. Mais par contre puis je vous conseiller de vous préparer à bifurquer et à changer totalement de direction une fois le sort exécuté, en effet ceux qui sont à l’autre bout risquent d’être relativement fâchés je pense. Bien que je ne sois pas capable de le tuer, il va regretter de s’être levé ce matin j’en suis persuadé.
- Lazareus ? Demanda Gerrit, une fois le sortilège disparu je désire que tu me permettes d’être entendu de tous rapidement afin de leur indiquer dans quelle direction nous allons aller pour  brouiller les pistes, peux tu déjà me mettre en contact avec Illuël afin qu’il commence à changer de direction ?

Lazareus refit les gestes pour créer un parchemin magique, mais il termina son incantation en demandant à Gerrit de parler au parchemin, puis lorsque le sort fut préparé il le fit disparaître et l’envoya à son destinataire.

Illuël vit apparaître sur la selle de son cheval un parchemin et la voix de Gerrit en sortit.

- Illuël nous sommes suivis, nous bifurquons à l’Est d’ici quelques instants, peux tu commencer à essayer de changer ta direction pour nous rejoindre, de toute façon nous n’allons pas tarder à dresser le campement et je désire que tu nous rejoignes aussi vite que possible sans revenir sur tes pas, nous ne savons pas dans quelle mesure nous sommes suivis ou surveillés.

Le ranger arrêta son cheval et lui flattant l’encolure tira sur les rennes pour le faire tourner dans la direction indiquée par Gerrit, la plaine semblait terriblement morne et plate, mais à une distance raisonnable il avisa un bosquet d’arbres qui pouvaient leur apporter un abri confortable et surtout les protéger des animaux sauvages si tant est que le bosquet en soit dépourvu.

Kilsham sortit une pincée d’une poudre terriblement odorante et rouge carmin, puis incantant il se retourna en visant le globe flou et ouvrant les doigts il souffla sur la poussière qui se transforma en une langue de feu qui partit en direction du globe qu’il avala et qu’il fit disparaître dans un cri inhumain et horrible de souffrance et de surprise.

Orgul ouvrit les yeux alors que la bouche ouverte il hurla à la fois de surprise et de douleur, Loart éperonna son cheval pour se ramener au niveau du shaman, et attrapa les brides de son cheval afin d’éviter que celui ci ne parte au galop.

- Orgul, comment vas tu, Orgul, est ce que tu m’entends ?

Loart attrapa l’orque et le tournant vers lui il lui décocha un revers de la main comme pour le réveiller, c’est à cet instant qu’il vit dans les yeux de celui ci les flammes qui semblaient habiter son âme et vouloir sortir par ses orbites. Se rendant compte que le shaman était en plein combat contre un sortilège qui l’attaquait de l’intérieur, il fit stopper ses hommes et fit installer le campement de manière rapide et désordonné. Puis il fit installer le shaman dans une tente et le fit surveiller afin d’éviter qu’il ne se fasse du mal ou qu’il fasse du mal à quelqu’un d’autre de leur entourage dans une crise de folie passagère.
Jurant il s’adressa à la dernière direction que le shaman leur avait indiqué comme si sa voix pouvait porter jusqu’à Gerrit.

- Satané humain, tu ne perds rien pour attendre, je peux t’assurer qu’avant que nous ayons tous franchis les montagnes je t’aurais rattrapé et crois moi, nous aurons réglé nos comptes tous les deux !

Venez réagir sur le forum

Les contes du loup 3 - La Saint "Valentin"

Il y a longtemps déjà dans le petit village de Bazaraugues sur rivière, vivait un très vieil homme que tout le monde surnommait le "Saint", ce brave homme était la source de nombreuses histoires et de nombreuses rumeurs, mais aussi étonnant que cela puisse paraitre plus personne ne savait comment il s'appelait, ni son nom ni son prénom, il n'était que le "Saint".
Le lutin s'interrompit et me regarda, "alors elle ne commence pas bien cette histoire pour une fois?", j’acquiesçais attendant impatiemment que mon jeune ami poursuive. "Tiens pour une fois j'ai capté ton attention rien qu'en lançant une histoire sans avoir besoin de te saouler ou de faire des galipettes pour que tu me regardes, alors je vais en profiter."
Il s'installa face à moi et reprit son récit.

Hors donc ce vieil homme passait sa vie sur le banc du village, attendant sa bien aimée, qui jamais ne reviendrait. Un jour sentant sa mort toute proche, épuisé par le poids des années de dur labeur et des années d'attente interminable notre brave homme qui ne parlait jamais au point que les villageois l'avait cru muet, se rendit à la taverne du village, et il s'assit à une table ou se trouvait un jeune homme de bonne famille, éduqué et qui savait lire et écrire.

 -Mon p'tit vieux commença le vieil homme de la voix éraillé de n'avoir pas servie depuis longtemps, je m'en va te raconter ma vie, et je voudra bien que tu l’écrives pour qu'on se souvienne que je n'ai jamais brisé mon serment pour la Madeleine. Tu veux t'y bien le faire le ptiot?
 -Heu oui monsieur, ce serait un honneur que de consigner votre vie qui doit être un parangon de vertu.
 -Un quoi t'est ce? Bah laisse donc ton français de livre avec moi j'y comprendra rien. Pis écoute donc mon histoire.

Le lutin me regarda et vit à mon air effaré que je ne supporterais pas une histoire entièrement racontée avec l'accent du vieil homme, il s'arrêta le temps de se resservir un peu à boire puis me dit, bon je vais reprendre les termes du récit tel qu'il a été consigné par le jeune homme ce sera plus digeste.
Lorsque j'avais 8 ans la famille de Madeleine est venue s'installer à côté de chez nous, son père avait été envoyé comme émissaire, et il avait l'obligation plusieurs fois par semaines d'accueillir les villageois qui venaient apporter leurs doléances, parfois son rôle restait basique et il devait juste servir de juge pour des conflits de voisinages, des histoires de bétail volé ou ce genre de choses parfois c'était plus compliqué, et il devait en référer au seigneur et s'absentait parfois plusieurs jours.
Moi à cette époque, je n'allais déjà plus à l'école, mon père m'avait demandé de l'aider aux champs, c'était notre seule ressource et c'est grâce à ce travail que nous pouvions manger, notre seigneur était honnête et il nous laissait plus que nécessaire, ce qui permettait à mon père d'aider ceux qui dans le village n'avait pas de ressources, ce que j'ai moi même continué à faire ensuite, chose qui m'a valu une partie de mon surnom, les gens ayant perdus pour beaucoup l'envie d'aider leurs prochains.
Dès que mes corvées étaient finies, je courrais à la maison dans l'espoir fou d'apercevoir la Madeleine, et lorsqu'elle rentrait de l'école, je la regardais jouer quelques minutes dans la cour de leur grande maison en pierre, il faut dire qu'ils avaient une magnifique demeure entourée d'un mur assez haut toute en pierre qui était surement une ancienne demeure fortifiée. En tout cas derrière les grilles en fer forgée j'observais la jeune Madeleine et je sais, enfin j'ai su qu'elle m'a plusieurs fois aperçue elle aussi.
Jusqu'au jour ou j'ai osé m'approcher des grilles, c'était le jour de son anniversaire, je le savais parce qu'au village on avait dit que le seigneur avait envoyé un magnifique cheval comme cadeau pour la Madeleine, alors moi ce jour là j'avais cueilli quelques fleurs sauvages, tu sais de ces fleurs qui éblouissent encore les enfants mais plus du tout les adultes. J'avais fait un très joli bouquet, rien de très exceptionnel, quelques dizaine de fleurs tout au plus, mais j'étais fier de moi et je dois dire que le bouquet était vraiment coloré.
Elle m'a vu arriver et s'est approchée des grilles pour me regarder, avec son charmant sourire que je n'oublierais jamais. Elle attendait que je m'approche, et me regardait sans dire un mot, je me suis alors agenouillé devant les grilles et je lui déclamé un poème que j'avais écrit en quelques minutes après déjeuner et que j'avais appris par cœur, je m'en rappelle encore.

Madeleine je suis
Depuis que tu habites ici
Troublé à ta vue
Et je me sens perdu
J’ai le cœur qui bat
Chaque fois que je te vois

Je sais c'est très naïf mais n'oubliez pas que je n'avais que 8 ans, et croyez le ou non mais mon poème et mes fleurs ont fait mouche, et la belle Madeleine m'a donné un baiser sur la joue au travers des grilles. Je m'en rappelle comme si c'était hier, c'était le premier de ces anniversaires que nous passions ensemble.
Bien sur il y en eu d'autres, au départ son père n'était pas très content que nous nous fréquentions, j'avoue que nous ne faisions rien de mal à part jouer ensemble mais nous n'étions pas du même monde, ce n'est que lorsque nous eûmes tous les deux 15 ans, que les choses ont réellement empirées.
Son père acceptait désormais que nous restions ensemble, nous discutions, nous nous baladions, j'étais un peu rustre, mais elle m'apprenait des tas de choses, elle avait de l'éducation la Madeleine, beaucoup d'éducation, c'était une femme du grand monde, et elle était comme toutes les héroïnes des livres qu'elle aimait me lire parfois lorsque nous nous arrêtions dans un champ à l'abri des bosquets, c'était une romantique, elle croyait au grand amour, à l'unique, à celui qui dure toute une vie, et je dois dire que j’y crois aussi grâce à elle et grâce à toutes ces lectures, je ne m’étais jamais demandé ce que je ressentais pour elle lorsque nous étions plus jeunes, mais lorsque nous avions 15 ans je savais que c’était elle, que je l’aimais et que je l’aimerais toute ma vie. A mesure que son anniversaire approchait, je m’étais mis en tête de faire la plus grande folie de toute ma vie, ce jour là je désirais la demander en mariage à son père, bien entendu je n’étais pas fou et je lui en avais parlé par avance en me disant que si elle ne ressentait pas ce que je ressentais pour elle il valait mieux que je le sache avant de tenter l’irréparable. Elle était folle de joie, et elle m’embrassa pour la première fois sur les lèvres, quel exquis souvenir, elle venait de manger une poire, et le gout sucré que ses lèvres déposèrent sur les miennes ravivent ces merveilleux souvenirs dans ma mémoire.
J’avais réussi à vendre le fruit de mon labeur, et j’avais réussi à acheter des vêtements propres ainsi qu’une petite bague sans prétention, je n’avais pas grand chose mais le peu que j’avais n’était que pour elle, et je lui fis la surprise, le matin de son anniversaire, je pris le temps de bien me préparer, je me rasais de près, et j’enfilais mes beaux habits, puis la bague dans une poche, je sortais de la ferme pour me rendre auprès des grilles de la propriété, quelle surprise des les voir ouvertes et de voir toute l’agitation qui grouillait dans la cour de la propriété, un carrosse se trouvait dans la cour avec deux chevaux attelés, et le personnel de la maison chargé nombre bagages sur celui ci, je pensais aussitôt que son père ayant entendu parler de mon projet, s’empressait de faire partir sa fille pour le couvent ou pour je ne sais qu’elle ville ou je ne pourrais jamais plus la revoir, mais en m’approchant je vis Madeleine qui indiquait où certains bagages devaient aller. Elle me vit et me fit signe de la rejoindre, puis marchant tous les deux côte à côte et main dans la main, nous fîmes le tour de la propriété, j’appris que son père sur ordre du seigneur devait se rendre d’urgence dans un autre village et que la demande en mariage devait être repoussée, je pris les mains de Madeleine dans les miennes, et je m’agenouillais devant elle, je lui jurais que jamais je n’aimerais une autre femme, et que j’attendrais patiemment toute ma vie qu’elle me revienne afin que nous puissions nous marier, elle me jura que dés qu’elle le pourrait elle viendrait me rejoindre afin qu’ensemble nous puissions vivre notre amour, et que nous puissions être heureux, j’en profitais tout de même pour lui donner la bague en lui disant que le jour ou je pourrais la revoir, ce jour là je lui en offrirais une bien plus belle encore pour sceller notre vœu de vivre ensemble.
Elle accepta le présent, et elle aussi me fit le vœu de m’attendre, et de m’aimer éternellement.

 - Voilà ce que je veux que vous lui disiez à Madeleine quand elle reviendra, je veux que vous lui disiez que je l’ai toujours aimé, que je n’ai jamais cessé de penser à elle, et tenez.

Le vieil homme me tendit une bague magnifiquement ouvragée et sertie d’une pierre extrêmement pure.

 - Quand Madeleine sera revenue vous lui donnerez cette bague, c’est ce que je lui avais promis, vous lui direz bien que je n’ai pas rompu mon vœu, que je l’ai toujours attendu, et que je ne peux malheureusement plus l’attendre, puisque mon heure est arrivée, qu’elle ironie me direz vous, car demain c’est l’anniversaire de Madeleine, et oui, son anniversaire était le 14 février, et je crois que je vais mourir le jour de son anniversaire, je suis sur qu’elle en rira, de son rire clair, et communicatif, elle trouvera que je suis un vilain farceur et que je n’aurais pas du faire ça, mais elle rira.

Le vieil homme toussa à plusieurs reprises et je le vis porter un mouchoir à ses lèvres afin d’essuyer un mince filet de sang qui s’écoulait de sa bouche.

 - Vous avez tout bien noté me demanda t’il ? Ce à quoi j’acquiesçais.

Il se leva me salua et s’en alla, je restais là seul avec ce manuscrit, au moment où il allait quitter la taverne je l’appelais.

 - Monsieur le Saint ?
 - Oui mon garçon ?
 - Je sais pourquoi maintenant on vous appelle le Saint, entre ce que vous avez fait pour les autres et ce que vous n’avez pas fait pour ne pas briser votre vœu, je comprends aisément que l’on vous qualifie ainsi, mais dites moi, quel est votre prénom, car si Madeleine me le demande je ne le connais même pas.
 - Valentin mon jeune ami, je m’appelle Valentin.
 - Je signerais donc votre histoire du nom de « Saint » Valentin.

Le lutin me regardait dans les yeux attendant ma réaction.

 - Oui ton histoire est fort belle je l’avoue, mais enfin, elle est on ne peut plus classique finalement, ce brave homme attendit toute une vie une femme qui jamais ne revint, peut être savait elle qu’elle était d’un autre monde, d’une autre classe et que jamais tous les deux ne pourraient vivre ensemble ?
 - Et bien non, rien de tout ça, c’est peut être la phase la plus émouvante de ce récit, voici comment toute cette histoire se termine.
 Au dos du récit consigné par le jeune homme, se trouvait un post scriptum, le jeune homme après la mort du vieil homme, et terriblement touché par cette histoire fit des recherches.
 Et que découvrit-il ? Attends que je me rappelle ce qu’il avait écrit, ha oui ça y est.

Je découvris donc que Valentin n’avait pas affabulé, en effet un émissaire du seigneur en charge de ce territoire avait en effet été appelé en urgence en date du 14 Février de l’année en question, et il se trouve qu’en cherchant plus longuement je découvris que cet émissaire ainsi que toute sa famille fut tué, sur la route qui devait les mener à leurs nouvelles existences, par des brigands, ceux ci n’eurent aucune pitié, et tuèrent femme et enfants, et volèrent toutes les possessions de ceux ci.
J’appris aussi que Valentin ne devait plus avoir toute sa tête sur la fin de sa vie, car il se trouve qu’il apprit la nouvelle, et qu’il sut quelques jours à peine après le drame que l’émissaire, sa femme et Madeleine étaient morts dans une embuscade, ce qui ne l’empêcha pas tout de même de tenir son vœu et de ne jamais aimer une autre femme, attendant jusqu’à son dernier soupir celle qu’il savait ne pouvoir revenir…

Je resservis un verre à mon ami le lutin, et m’appuyant sur mon dossier je me retournais vers lui.

 - C’était vraiment un Saint ce Valentin n’est ce pas ?
 - Qui peut le savoir me répondit il énigmatique.

 

Venez réagir sur le forum

La malédiction de Nishram - Episode 13

Sauvagerie citadine


Après plusieurs heures de marche qui ressemblèrent à des minutes pour les deux nouveaux compagnons, ils arrivèrent en vu d’un petit hameau, qui ne devait son nom de village qu’à quelques maisons réunies en un même lieu ainsi qu’une auberge et quelques bâtiments divers.


- Voilà notre destination. Lui annonça Gerrit
- C’est assez glauque n’est ce pas ? Ne préfères tu pas que nous chevauchions un peu vers une vrai cité ?
- Et pourquoi irions nous dans une grande cité, ici c’est parfait pour boire et oublier ne crois tu pas ?
- Nous ne trouverons jamais de travail par ici, et je crois qu’il n’y a aucun autre moyen d’oublier ce que tu as vécu, crois moi, je suis bien placée pour t’en parler tu le sais désormais, c’est grâce à cela que j’ai pu me reconstruire après la tuerie de ma famille.
Quelques petites missions et tu n’y penseras plus, et puis rien ne nous empêcheras de trouver une taverne accueillante pour boire quelques chopes.
- Tu as toujours réponse à tout n’est ce pas ? Alors monte derrière moi et continuons notre route.

Gerrit fit grimper la jeune guerrière derrière lui et traversa le village sans un regard pour ses habitants visant un point derrière les collines d’où s’élevaient des volutes de fumées nombreuses indiquant une agglomération de taille plus importante.
Ils arrivèrent aux pieds de la muraille au moment ou le soleil déclinant commençait à s’enfoncer derrière l’horizon, les portes encore ouvertes en cette heure avancée de la journée leur permit de rentrer dans un lieu où la vie grouillait, restant sur le cheval par commodité ils suivirent le flot d’autochtones à pieds dans ce qui semblait une artère de la ville, s’approchant d’un espace exempt de maisons sur lequel de nombreux étals de marchands ambulants étaient installés. Les vendeurs ameutaient les clients par la force de leur voix cherchant à convaincre les passants que les produits qu’ils vendaient étaient les meilleurs au meilleur prix possible, chaque vendeur cherchant à faire mieux que son voisin.


Gerrit repéra ce qui ressemblait à une taverne de l’autre côté de la place, il y dirigea sa monture et fit descendre Alizia, puis ensemble ils entrèrent dans la grande salle commune. La pièce particulièrement sombre était pourtant éclairée par des nombreuses sources lumineuses, la cheminée tout d’abord où un feu imposant remplissait la pièce d’une lueur orangée, ainsi que d’une douce chaleur qui n’était pas désagréable à cette heure de la journée. Le reste de la lumière était en grande partie du à des bougies réparties dans de nombreux bougeoirs sur les murs, les tables, dans des lustres métalliques pendus au plafond. Si la taverne semblait si sombre c’était en grande partie à cause du bois sombre qui habillait les murs et qui absorbait la lumière aussi surement qu’un sort de ténèbres l’aurait fait. Il était difficile de savoir si le bois était naturellement sombre ou si des tonnes de suie issue de l’âtre pouvaient être responsables de cette teinte si particulière.
La décoration particulièrement sommaire se résumait à quelques affiches la plupart déchirées en partie ou entièrement, certaines proposant du travail, d’autres montrant des avis de recherche, seul deux têtes de sanglier de chaque côté de la cheminée représentait le mobilier accroché aux murs.
La foule de clients était particulièrement hétérogène, de nombreux voyageurs ou commerçants semblaient prendre un verre ici, soit pour finir de conclure une affaire, soit en attendant de reprendre leur route le lendemain évitant ainsi les risques d’un voyage de nuit. Seule une table vers le fond de la pièce dans un coin particulièrement sombre attira l’attention de Gerrit, en effet tous les occupants de celle ci portaient des capuches et des gants cachant totalement leur peau et prenant soin de ne pas se tourner vers les autres clients.
Au début Gerrit pensa à une maladie quelconque mais finit par penser qu’ils étaient surement d’une confrérie qu’il ne connaissait pas, peut être était ce des pèlerins qui ne devaient pas parler avec des étrangers, pensant que ces gens devaient être silencieux et surement discret il attira Alizia vers eux et choisi une table située tout juste à côté de la leur. Les allées et venues des clients dans la taverne se firent lentement plus calmes, la nuit était tombée et pourtant la salle commune n’avait pas désemplie, les clients avaient troqués les boissons contre des mets plus copieux et surtout chauds.


- Et maintenant demanda Alizia, où allons nous postuler demain, tu as une idée ? As-tu déjà fait partie d’un groupe d’aventuriers ou de mercenaires ?
- En fait jamais pour être honnête, je n’ai fait qu’une carrière dans cette armée qui nous a trahi, mais je n’ai jamais voyagé de moi même, ni ne me suis attaché à d’autres personnes à part ceux qui combattaient à mes côtés et dont nombreux sont ceux à être morts sur ce champ de bataille.
- Bon alors je vais prendre les choses en main, j’imagine qu’il y a quelque chose comme un hôtel de ville ici, il suffira que j’aille y faire un tour demain peut être que les autorités du coin ont des missions à proposer à des aventuriers motivés lui dit elle dans un sourire. Par contre j’irais moi, avec ta mauvaise cicatrice qui n’est pas encore guérie je dois t’avouer que tu risques de faire peur à nos futurs employés.
- j’essayerai de trouver un herboriste ou un mage demain pour tenter d’arranger cette horreur.


La soirée avançait et les gens terminaient leur repas tranquillement commandant quelques chopines afin de faire durer la soirée dans l’ambiance enfumée et feutrée de la taverne. Lorsque Gerrit remarqua que l’un des hommes encapuchonné se levait et que son capuchon était rejeté en arrière dévoilant son visage porcin et ses traits verts dans lequel Gerrit ne pouvait que reconnaître un orque. En se levant et dégainant son arme il observa du coin des yeux que plusieurs autres personnes s’étaient levées dans la taverne, mais contrairement à lui elle ne semblait pas avoir remarquées l’orque, mais au contraire elles semblaient menaçantes envers les autres clients. Des tourbillons de lumière et d’étincelles grises argentées voletèrent autour des hommes qui venaient de se lever et une lumière enveloppante remonta de leurs pieds jusqu’à leurs têtes, la limite de celle ci laissant apparaître à mesure ce que le sort de dissimulation avait caché et révélant que chacun d’entre eux n’était rien d’autre qu’un orque en arme et prêt à en découdre.
Gerrit surpris l’arme au clair ne savait que faire, les adversaires étaient trop nombreux et la taverne pleine encore de clients lorsque l’orque situé derrière Alizia se mit à parler.


- Mesdames et messieurs, ne tentez rien, n’essayez pas d’être courageux ou ça sera la dernière action que vous entreprendrez de votre vivant. Nous n’allons pas vous tuer, ni même vous blesser, nous ne désirons que vos bourses rondelettes et vos objets précieux à cette intention veuillez noter que mon ami ici présent.


A ces mots un Orque un peu plus trapu que le précédent se leva de table et fit glisser sa capuche, sa peau scarifiée et tatouée le rendait encore plus hideux et terrifiant que ses congénères, ses oreilles étaient déformées par toutes sortes d’anneaux et de boucles en or où pendaient diverses choses dont des os, des morceaux non identifiés de matière vivante, plumes et autres objets. Il s’appuyait sur un bâton massif entièrement taillé et brulé par endroit sur lequel de nombreuses petites piques avaient été creusées et sur lesquelles pendaient des pochons fait de tissus ou de matières ressemblant à du cuir mais étrangement similaire à de la peau.
Il leva une main et tout en grognant des paroles gutturales incompréhensible l’ouvrit et une poussière dorée fine s’en échappa, semblant emportée par un vent invisible elle partit se déposer sur de nombreux objets que portaient les clients de la taverne, ainsi que sur un bracelet en or que portait Alizia. Gerrit qui se méfiait des objets magiques n’en avait aucun sur lui mais son épée magnifiquement travaillée et issue d’un des meilleurs forgerons elfe encore vivant n’ayant pas reçu de poudre il en déduit qu’elle ne venait pas sur les objets de grande valeur monétaire, son épée coutant probablement bien plus que la plupart des objets magiques présent dans la salle.
Alizia chercha à cacher l’halo lumineux qui entourait son bracelet mais c’était peine perdu, même sous une pièce de tissus il ne cessait de briller apparaissant en surimpression sur le tissus qui devait le cacher.
Gerrit observait la pièce, mais les nombreux voyageurs n’avaient guère l’air d’aventuriers ou d’expert dans le maniement des armes ou des sorts, il savait qu’il n’aurait pas beaucoup de temps pour agir et que ce qu’il allait faire tenait plus du suicide qu’autre chose, mais il refusait de laisser ces monstres piller cette taverne sous son nez, pas après ce qu’ils avaient fait subir à ses hommes peu de temps avant. Si la situation n’était pas aussi dramatique et désespérée il aurait bien souri en voyant que la poudre faisait briller certaines parties incongrues des clients de la taverne, soit qu’ils avaient cachés des objets à ces endroits soit qu’ils les portaient peut être comme bijoux de corps.
Gerrit fit mine de se rassoir attrapant dans un mouvement ample de sa cape de voyage divers couverts présents sur la table, Alizia ne manqua pas de remarquer ce qu’il préparait et il vit sa main passer sous la table et il sut qu’elle venait de dégager la lanière de cuir qui maintenait les couteaux de lancer. Il posa sa main couverte de cicatrices sur la table et les doigts bien visible pour Alizia entama un décompte pendant que l’orque reprenait la parole.


- Mes amis ici présent, vont commencer la collecte, n’essayez pas de nous cacher quoi que ce soit, et si mes amis veulent l’un ou l’autre de vos possessions car ils estiment qu’elles ont une valeur je vous prierais de gargglllgellllee le son s’étouffa en un gargouillis immonde alors qu’il touchait de ses mains tremblantes le couteau qui venait de s’enfoncer profondément dans sa gorge faisant des dégâts irréparables et l’étouffant lentement.


En quelques instants les orques les plus proche d’eux s’étaient effondrés, et seul restait encore debout le shaman qui secouant son bâton dans un bruit d’entrechoquement, chantait des paroles dans sa langue des cercles de lumières de couleurs vives se créant autour de lui et l’enfermant dans une espèce d’espace hors de portée des attaques classiques.
Gerrit prit appui sur le banc sur lequel il était assis et se lança en l’air en direction de deux orques surpris qui n’avaient pas encore réagit tenant à la main des grandes poches de cuir censés contenir ce que les voyageurs devaient leur donner. Dégainant son épée durant son court trajet en l’air d’un mouvement rapide et précis il décapita le premier des deux orques ramenant dans un arc de cercle serré la lame afin de l’enfoncer dans les côtes du second et rentrant dans ses chairs puissamment jusqu’à atteindre visiblement des organes vitaux puisque l’orque le regarda quelques secondes les yeux vitreux pendant que son cœur touché finissait de se vider dans sa cage thoracique et que son corps lourds pesait sur l’arme.


Alizia elle avait deux poignards en main et partit en courant en direction d’un des groupes d’orques. Les derniers orques vivant, sidérés par la rapidité d’action des deux humains, ne savaient que faire et leur chef à genoux devant sa table ne leur était plus d’aucune utilité pour leur donner des ordres.


Le shaman penché sur lui était en train de retirer le couteau qui était profondément enfoncé dans sa gorge, et détacha une des bourses de son bâton pour en sortir une bouillie verte foncée qu’il appliqua sur la plaie sanguinolente de son chef, la bouillie au contact de la plaie se mit à fondre comme de la graisse au dessus du feu, et la plaie sembla se refermer miraculeusement pendant que l’orque avalait goulument quelques bouffées d’air afin de réoxygéner son corps qui était bien mal en point.


Gerrit avait retiré son épée du corps de l’orque et s’était positionné dos au mur attendant les divers groupes restant dans une position d’attente et de combat.


Un homme assis dans un coin sombre de la salle s’était levé, d’un âge avancé il semblait peiner à se tenir appuyé sur son bâton, les orques jetèrent un œil mais ne jugeant pas dangereux ce vénérable ancêtre se retournèrent vers Gerrit et Alizia.
Il semblait sénile et marmonnait dans sa barbe jusqu’à ce que d’une de ses mains il pointe plusieurs groupes d’orques avec ses doigts, et que de ceux ci semblèrent partir des projectiles enflammés qui s’enfoncèrent profondément dans les chairs des orques qui se mirent à hurler alors que le feu magique les rongeaient de l’intérieur, le seul qui avait vu le point de départ des projectiles était Gerrit qui face à la salle pouvait observer attentivement tous les convives.


En à peine quelques minutes de la vingtaine d’orques en armes du départ il n’en restait plus que la moitié et Gerrit dans un rictus qui sembla arrêter momentanément  ses assaillants.


Alizia évita un coup de poing de l’orque qui se situait à sa droite en se penchant en avant le poignard qu’elle tenait dans sa main droite tailladant l’avant bras de l’orque et probablement quelques tendons, elle fit pivoter son torse et d’un violent coup de son dos sur l’orque qu’elle venait de blesser elle se plaça hors de portée de l’épée courte que l’autre adversaire avait essayé de lui passer au travers du corps.
Prenant appui de ses omoplates sur le guerrier derrière elle se retrouva en un mouvement presque félin derrière celui qui tenait l’épée courte et lui enfonça ses deux poignards au niveau des épaules tranchant au niveau des muscles et des articulations afin de le rendre inoffensif, et le bruit de l’épée tombant sur le sol lorsque sa main ne fut plus capable de tenir son poids indiqua à la jeune femme que son geste avait été une réussite. Le deuxième orque sur lequel elle avait pris appui n’avait pas encore repris son équilibre qu’elle avait ramassé l’épée courte et ce n’est que lorsqu’il se mit en garde face à elle prêt à lui asséner un nouveau coup qu’elle lui planta l’épée dans l’abdomen utilisant son propre poids pour appuyer sur la garde afin de faire pénétrer l’arme le plus profondément possible dans les chairs du monstre.


Gerrit se retrouvait face à 4 adversaires, deux d’entre eux avait des épées courtes de mauvaise qualité, l’avant dernier avait ce qui ressemblait à un marteau de guerre et le dernier était à main nue.
Il attendit que les orques l’attaquent sachant qu’ils ne pourraient pas le faire à plus de deux à la fois vu l’étroitesse entre les tables de la taverne.
Le premier à s’avancer ne put le faire que tout seul au vu de son corps massif et particulièrement musculeux,  il portait une masse incrustée de gemmes qui lorsqu’il la souleva se mit à briller et semblait étrangement légère et maniable entre ses mains vertes gigantesques. Gerrit fut surpris de la vitesse et de l’agilité avec lesquelles l’orque abattit la masse et il ne dut sa vie sauve qu’à un réflexe qui le fit se projeter sur la table de droite roulant par dessus et se retrouvant dans la travée suivante. Mais au moment ou il relevait la tête l’orque était déjà en train de resoulever sa masse s’apprêtant à la lui abattre dessus une nouvelle fois, sachant qu’il ne pourrait pas éviter éternellement le contact il offrit le flanc gauche à son adversaire en tentant de se protéger le plus possible et en se tournant et préparant son épée bâtarde sur sa droite, mais la masse qui le heurté violemment lui tira un cri de douleur alors qu’il sentait en lui des bruits sourds indiquant que probablement le choc avait cassé quelques os. Il ramena l’épée bâtarde avec toute la force dont il pouvait disposer tentant de faire fi de la douleur qui le ravageait à chaque mouvement et dans un arc de cercle remontant son épée par dessous les bras de son adversaire il le frappa au niveau des coudes broyant et tranchant dans les muscles et éclaboussant de sang le mur où quelques secondes plus tôt il se tenait. Mais l’orque ne lâcha pas le marteau pour autant et Gerrit vit dans son angle de vision que l’un des porteurs d’épée s’était approché sur le côté et qu’il serrait bientôt suffisamment prêt pour l’attaquer. Et le marteau était à nouveau dans les airs et au moment où l’orque allait l’abattre une troisième fois il venait de se jeter en avant sur l’orque à l’épée et d’une poigne de fer il l’attrapa au cou et l’attira près de lui sous la trajectoire de la masse qui heurta son crane avec une telle violence que le sang et la matière grise se répandirent sur la table et le sol de la taverne l’un des yeux de l’orque étant sorti de son orbite pendait par les nerfs optiques alors que le corps de l’orque mort sur le coup s’affaissait aux pieds de Gerrit.
Il se mit hors de portée du marteau face à l’orque désarmé et au dernier porteur d’une épée.


Le vieil homme auquel les orques ne faisait toujours pas attention psalmodia quelques mots inintelligibles appuyé sur son bâton d’une main, de l’autre dessinant dans les airs des cercles autour des deux derniers orques prêt au combat qui se rapprochaient d’Alizia, et lorsqu’il eu encerclé les orques chacun cinq fois dans les airs, des flammes bleues les entourèrent et les cris des deux peaux vertes indiquèrent que ses flammes bien réelles étaient en train d’attaquer leurs chairs et de les consumer rapidement.


Alors que le porteur du marteau essayait de passer par dessus la table afin de prendre Gerrit à revers celui ci venait d’un coup d’épaule d’envoyer quelques mètres plus loin l’orque désarmé, parant le coup d’épée du second, et d’un coup de la garde de son arme il parvint à briser la lame de très mauvaise qualité de son adversaire. L’orque qui avait été repoussé prenait son élan en se rapprochant les bras écartés pour attraper Gerrit au corps et le repousser contre le mur en direction de son compagnon au marteau. Gerrit prit appui sur le banc de droite et dans un saut agile pour son corps et son poids sauta par dessus l’orque qui prit dans son élan se heurta au torse massif du porteur du marteau. Lorsqu’il ratterit au sol Gerrit donna un violent coup de la pomme de son épée sur la tempe de l’orque à l’épée cassée, et le crac qu’il entendit lui fit comprendre que la boite crânienne de son adversaire venait de céder sous la violence du coup, il s’affaissa le cerveau touché par des éclats d’os.
Pendant que les deux orques restant se dépêtraient l’un de l’autre Gerrit se repositionna face à eux, l’épée levée et prête à frapper.
Le gros repoussa son compagnon et le rejeta en arrière ou il virevolta par dessus la table et s’écrasa dans la travée suivante se brisant la nuque en faisant une mauvaise réception.
Il avançait maintenant décidé en direction de Gerrit et celui ci remarqua dans ses yeux la lueur qu’il connaissait par ce que ses compagnons lui en avait expliqué, et il comprenait comment cet orque n’avait pas lâché son arme et qu’avec tout le sang perdu il n’était pas encore mort ou suffisamment faible pour arrêter le combat.
Gerrit savait que peu de choses pouvaient finir le combat et qu’il allait devoir se montrer plus agile que son adversaire. L’orque le marteau au dessus de la tête le fit tournoyer afin de l’envoyer de flanc dans le visage de Gerrit, il se baissa à temps et entendit siffler le marteau au dessus de sa tête, il entrevit une solution et par en dessous il se releva l’épée sous le visage de l’orque s’enfonçant sous la mâchoire et traversant entièrement le crane de celui ci l’épée rentrant jusqu’à la garde Gerrit se retrouvant entre les bras de l’orque. Celui ci ne sembla pas remarquer l’épée qui lui transperçait complètement la tête et il lâcha son marteau pour attraper Gerrit par les épaules qu’il commença à presser de toute la force de son imposante musculature.
Voyant Gerrit dans une bien mauvaise passe, le vieil homme tendit l’index et le majeur joint en direction de l’orque et incanta « Extingua-flamis-berseka » ce qui figea l’orque alors que la rage qui l’habitait l’abandonnait lentement et que son corps sombrait dans la mort que celle ci empêchait par les torrents que cette rage faisait couler dans ses veines. Ses mains puissantes devinrent molles et il relâcha Gerrit qui n’eu que le temps de se reculer prestement pendant que son corps s’affaissait en avant.
Alors que s’aidant de son talon il retirait son épée du crane du monstre, Alizia vint le rejoindre remerciant le vieil homme qui s’était rassis et qui à grand bruit finissait un potage aux légumes.
Le shaman et l’orque qui avait prit la parole s’étant volatilisés pendant la bataille, Gerrit s’assit à une table fatigué et son corps meurtris se remettant à le faire souffrir à mesure que l’adrénaline refluait de son corps.


Gerrit secoua la tête, éperonnant son cheval en direction des éclaireurs et mettant le plus de distance possible avec l’équipage afin que personne ne puisse voir les larmes qui coulaient sur ses joues au souvenir de cette période si lointaine et pourtant si vivace.


Venez réagir sur le forum